Ils donnaient aussi son nom à leurs chiens
nistère. Là où ces derniers réclamaient l'obéissance au nom de la loi, ils rencontraient toujours une opposition systématique : le fait suivant en est la preuve.
Les édits défendaient de donner aux enfants certains noms, tels que Toussaint, Pentecôte, Dimanche, Sépulcre, Conception, Évangéliste, Claude, Balthasar, Ange. Dans cette interdiction, qui semble outrée, Calvin n'avait pas voulu attenter aux droits des parents, mais combattre un reste de superstition païenne qui leur faisait croire qu'à certains noms se rattachaient certains privilèges; ainsi Balthasar promettait une bonne santé. Dimanche une sainte vie, Claude de longs jours. Les Libertins revendiquèrent le droit de donner à leurs enfants les noms qu'il leur plairait. Les pasteurs résistèrent à leur demande; l'affaire fiit portée devant le Conseil, qui donna raison aux pasteurs, mais valida les baptêmes précédemment faits. Il serait fastidieux de raconter, en détail, les scènes toujours mesquines, souvent scandaleuses, qui se renouvelaient chaque jour et rendaient pém'ble la tâche de Calvin et de ses collègues; nous les omettons et arrivons à la grande affaire de Berthelier.
Berthelier était le fils d'un honorable citoyen de Genève, qui avait combattu pour l'indépendance de sa patrie et était mort martyr pour elle; son fils, au lieu de marcher sur les tracés paternelles, avait oublié que noblesse oblige et s'abandonnait à tous les excès que la morale la plus vulgaire condamne; ses vice? en