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aux sénateurs de le. joindre plus tôt. Du reste, cette adresse, comme celles que j'ai déjà indiquées, disait, « que jamais le dévouement du peuple français ne s'était manifesté avec autant d*éclat. » Les pères enviaient la destinée de cette jeunesse belliqueuse qui se précipitait vers les camps de sa majesté , etc. »
Les Prussiens purent à peine soutenir rimpétueuse valeur des Français : battus de tous côtés, chaque jour vit une victoire. Jéna, Eylau, Friedland, ajoutèrent aux palmes de no$ guerriers. Berlin vit les troupes françaises; et l'épée, le hausse-col, et Vécharpe du grand Frédéric vinrent orner THôtel des Invalides, qu'ils réjouirent en leur montrant que leurs enfans avaient vengé l'injure qu'ils avaient reçue à Rosbach.
Le a décembre 1806 , le prince archichancelier présida le sénat , et fit valoir à ses yeux le besoin de nouveaux soldats qu'exigeaient ces victoires; en conséquence, il demanda quatre-vingt mille conscrits. Le sénat adopta celte mesure , et offrit à sa majesté « l'hommage de son
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profond dévouement , de sa vive et respectueuse reconnaissance ; » et décréta qu'une adresse serait faite à Tempereur.
Dans la même séance, les îles britanniques furent déclarées en état de blocus. Le 17 février 1807 , Cambacérès rendit compte au sénat du traité avec la Saxe , des danger3 de la porte Ottomane et de la bataille d'£ylau. Le 2 avril suivant, il donna lecture d'un rapport du maréchal Berthier sur l'état des armées en Italie et d'un message de l'empereur, qui, après avoir rendu compte de la campagne, demande des hommes. Le sénat vote une adresse contenant « l'expression de la re-.
connaissance , du dévouement, du respect et de la fidélité du sénat envers sa majesté impériale et royale, » et met à la disposition du gouvernement quatre- vingt mille conscrits.
.. Cette campagne se termina par le traité de Tilsitt. Les deux empereurs se virent sur le Niémen et se jurèrent une amitié inaUérable. Napoléon fut de retour à Paris le 27 juillet.
C'est à roccasion du traité de Tilsitt^
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dans lequel la Westphalie fut érigée en l'oyaume , que Qambacérès dit au sénat , en parlant de Jérôme Napoléon :
« Lé cours rapide des victoires de sa majesté offrait le présage infaillible d'une paix glorieuse. Au milieu des grands résultats que présentent ces transactions politiques, il en est un qui intértesera vos plus vives affections. Dévoués comme vous l*étes à la gloire de la dynastie impénale, avec quelle satisfaction ne verrez-ydos pas porter au trône de Westphalie un jeune prince dont la sagesse et le courage viennent de se signaler par de si nobles travaux! Votre coeur applaudira sans doute dans cette disposition aux conceptions d'un grand génie, ami de l'humanité, dcMit toi>tes les vues et les précautions ont pour objet d'éloigner l'effusion du sang humain, »
Le i6 janvier 1808, le prince archîchancelier, présidant le sénat, donna communication de l'obcupation du Portugal par les troupes françaises; après avoir entendu le ministre des relations extérieures (Champagny) et le minisire
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dpl^ guerre Clarke, il.proposA U levép de quatre- viugt mille conscrits; ce qui fut adopté. C'est le ii mars i8oÇ qup Cambacerès prononça le discoi;rs sur l'ér tabl\sseroent des titres héréditaires dont nous avons parlé plus haut^ cette séance fut encore terminée par une a4res5e ^m^ )>lable à celles déjà citées.
Il se présente à cette époque un événe^ ment remarquable dans les fastes de Fhisr toire, je veux parler de la guerre de la péninsule ; il est nécessaire d'en donner quelques détails , ce que je ferai le plus succinctement possible. L'Autriche , \^ Prusse^ 1^ Russie, forcjées de céder aux arines françaises , avaient pondu pn traité par lequel elles s'interdisaient toute com~ Oiunication avec l'Angleterre, le blocus continental f qui m^ cette puissance à deux doigts dp sa perte, commençait ^ s'effectuer ; il /allait è^ tout prix le sortir de cette position. L'Espagne seule présentait un champ fertile à exploiter^ puisque Je Portugal , depuis long-ten^ps çQlon^ an^^se , était occupé militairer n>ei>t par Ips franiçs^i^. Ji'Espagat était
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aussi le pays qui par sa position dans la Méditerrannée et par ses ports présentait à Napoléon le plus de moyens de 'réussite dans ses vues. L'Angleterre et la France se disputèrent l'empire alors gouverné par Charles IV.
La politique anglaise, qui dès longtemps s'était soumis le cabinet de Lisbonne, s'attacha à nourrir, à exciter les divisions de la famille royale et des conseils de Madrid. L'Espagne était gouvernée par don Manuel Godoï, prince de la Paix, favori de Charles IV, mais détesté par la nation. A son avènement au pouvoir , Napoléon s'empara de Godoï et exigea de lui bien des sacrifices. La haine contre le premier ministre était à son comble, les intrigues de cour se multipliaient , tes partis prenaient de la consistance. L'arrivée des troupes françaises , qui toutefois ne s'avançaient dans la péninsule que comme des troupes amies, désilla enfin les yeux de Godoî.
Tour à tour il tenta de braver les clameurs de ses concitoyens, ou de s'affranchir du joug de Napoléon; mais il était.
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trop tard; et, soit qu'il se rapprochât des Anglais, soit qu'il continuât de s'abandonner à la France, il ne pouvait retarder la chute de la monarchie espagnole.
liC prince des Asluries , poussé par les suggestions de l'Angleterre, et profitant de la haine qu'avait inspirée à la nation le prince de la Paix, favori de son père, se révolta contre celui-ci et le força d'abdiquer. A la nouvelle de la révolution de Madrid, le grand-duc de Berg, Murât, avait hâté sa marche; il entra inopinément dans cette capitale le a3 mars 1808; et bientôt la famille royale, le roi Ferdinand, son père, sa mère, et le prince de la Paix se rendirent à Bayonne pour terminer ce grand différend par l'entremise de T^apoléon. On sait quelle fut l'issue de cette entrevue : Joseph Napoléon fut appelé par son frère au trône d'Espagne, Charles IV vint à Compiègne, Ferdinand à Valençay, et les derniers Bourbons qui régnassent en Europe , se rendaient captifs dans l'intérieur de la France. Napoléon avait fait et défait des rois; mais le plus important restait à obtenir, le con-
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sentement des pett{^es; et déjà les Espagénois et les Portugais , en insurrectios contre les troupes françaises , et aidés par les Anglais^ avaient mis en feu toute la péninsule. Il fallait des renforts à I2 grande armée. C'est alors que Napoléoo informa le sénat des nouveaux déveioppemens de sa politique. C'est aussi à cetie époque, dans la séance du 5 septeisbre 1808, que Cambacérès pronoiiça ^ discours que nous avons cité plus baol Après les rapports des ministres, la lecture des traités . conclus entre l'empereur des Français, Charles IV et Ferdinand VII, le sénat arrêta que cent soixante mille conscrits seraient appelés, savoir : vingt mille sur chacune des codscriptiomde 1806,1807, 1808, 1809, et quatre- vingt mille sur Tannée 1S10.U 10 septembre 1808, Cambacérès présid»
encore le sénat, et la séance se termi»^ par une adresse et rhonunage du respect déyonement y fidélité f elc;
Napoléon allait achever de soumettre et d'organiser la péninsule. Les insurgés cédaient . à la - force , et peut-être n'au-
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raient-ils pas tardé à «coûter la voix de la persuasion : les Anglais fuyaient de toutes parts presque sans avoir combattu ; leur arrière-garde avait seule été atteinte et foudroyée; le roi Joseph était remonté sur son trône, qu'entouraient un grand nombre d'Espagnols distingués, d'est alors que l'Iiutriche , effrayée do ce nouvel accroissement et incitée par les intrigues de la Grande-Bretagne, crut le moment favorable pour attaquer la France, ses forces étant dispersées et son chef occupé à organiser le pays qu'il avait conquis.
Instruit des dispositions hostiles de l'Autriche, Napoléon avait quitté Madrid «n toute bâte; il fut de retour à Paris le ^3 janvier 1 809. Il en repartit dans la nuit du 12 au i3 avril pour se rendre à Strasbourg, laissant à ses ministres le soin de dénoncer au sénat la conduite de l'Autriche.
Le ï/| avril , le prince archichancelier présida le sénat, et après le rapport fait par le ministre des relations extérieures et les {ûèces à lui envoyées par l'ambassadeur de France en Autriche, il fît renvoyer le
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tout à Texamen d'une commission qui, le 1 8, accorda la levée de quarante mille hx)mmes et vota une adresse à l'empereiur.
Bientôt apnès, les victoires d'EssUng et de Wagram mirent fin à cette guerre; et le i4 août suivant Cambacérès, en ouvrant la séance du sénat, prononça le discoofs qu'on va lire :
« Messieurs, au moment où l'empereur est parti pour aller venger la foi des traités, violée par l'Autriche, sa majesté avait ordonné toutes les dispositions propres à défendre le territoire de Tempire contre des attaques extérieures ; elle a surtout compté sur cette généreuse énergie qui caractérise la nation , et qui la fera toujours soulever aussitôt qu'elle sera menacée dans ses propres foyers.
» Cependant une grande expédition se préparait avec ostentation dans les ports de l'Angleterre. Soit que le but de notre constant ennemi fût déterminé, soit qu'il ait changé de dessein lorsqu'il a appris la signature de l'armistice, on l'a vu successivement se présenter sur différens points de la côte septentrionale de la France, et
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effectuer un débarquement dans l'île de Waloheren, sur le territoire hollandais.
» Au premier avis de cette tentative, le ministre de la guerre a développé le zèle et l'activité que l'on avait le droit d'attendre de l'un des principaux dépo> sitaires de la confiance de l'empereur.
» Des détachemens de gardes nationales ' ont^té appelés de service; des troupes de ligne ont été mises en mouvement ; on a fait acheminer des trains d'artillerie vers la frontière de Hollande, et l'on y a envoyé des officiers du génie pour tirer avantage de toutes les positions susceptibles d'être fortifiées. Partout la bonne volonté a prévenu les ordres, on les a exécutés avec empressement.
» Des lettrés circulaires du ministre de la police générale ont redoublé l'activité des fonctionnaires, et accéléré le succès des différentes missions qui leur étaient confiées.
» Le ministre de la marine , animé du même esprit , a donné au chef de la flotte les instructions convenables ; tout ce qu'il
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à été possible de prévoir & été préva de
sa part.
» Enfin Ton a travaillé de concert à assurer la défense d'Anvers.
» Par Teffet de ces différenies dispositions, dont Vk>u$ saisirez n»eax les détailsr aprèi avoir entendu la lectare dn compte rendu par le ministre de la guerre , l'ennetni , tenu constamment en éohec,>n*a pu pénétrer siir le territoire <de l'empire. *
» Sa majesté* a daigné approuver les mesures ^i ont été prises; elle en a prescrit d'autres qtxe Ton se met en devoir d'exécuter, et quiy eii mente temps qti'elies pourvoient aux besoins dii moiheiit , établiront aussi la sécurité de Tavefiir; elles otat essentiellement pour objet de mettre en activité des gai'des nationales dans les divisions (pii aVoisinent les arrondissemens menacés. Ces levées seront sous le commandement de généraux distingués par leurs sei*vices, et qui en ont reçu la digne récompense en venant s'asseoir parmi nous.
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M Vous le savez, messieurs, clans toutes les circonstances l'empereur aime à multiplier avec le sénat des communications dont la chose publique a toujours retiré de grands avantages,
» C'est par le même motif que je viens vous instruire de tout ce qui a été fait depuis le débarquement des Anglais , et iu'aider de votre influence pour ce qui reste à faire.
» Vos sages résolutions rempliront le -double but de porter an prince l'expression du dévouement de son peuple ^ et d'éclairer dans cette occasion les sujets de sa majesté sur la constante solticitude ^ont ils sont l'objet.
» Vous apprécierez, messieurs » combien il importe à la nation de repousser ^r les seuls moyens que nous avons sous la main, rennémi qui osé la menacer. Cet ennemi. aurait obtenu une sorte de succès si, par une diversion téméraire, il parvenait à faire' reculer nos drapeaux de^ limites où la victoire les a placés. Qu'M sache que de vains efforts ne sauraient interrom- ' pre le cours des destinées de la France!
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qu'au moment même où nos armées convrent TEurope, une population toute guerrière n'attend que le premier signal pour of&ir à la patrie de nouveaux soldats.
» Ainsi y messieurs, la fureur des Anglais nous avertit sans cesse de nos ressources; chaque tentative de leur part développe et confirme les sentimens réciproques de confiance et d'amour qui unissent le prince et la nation. Je suis bien certain, messieurs, que dans cette conjoncture le sénat s'empressera de justifier, par son opinion, l'opinion publique déjà si favorablement disposée, et donnera un nouveau témoignage de son dévouement pour la personne sacrée de notre auguste souverain, et pour la gloire du nom français. «
Le 3 octobre 1809, le prince archî- ' chancelier présidant le sénat ouvrit la séance par le discours suivant :
« Messieurs , sa majesté impériale et royale , embrassant d'un coup d'œil la situation présente des affaires, a reconnu la nécessité d'ordonner une levée de trente-six mille hommes, .
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» Tel est l'objet du projet de sénatusconsulte qui va être soumis à votre délibération, et qui asseoit la nouvelle levée sur les classes de conscription des années 1806, 1807, 1808, 1809, 1810.
» Votre sagesse apprécie déjà tout ce qu'il y aura d'utile dans cette disposition; bientôt vous serez assurés qu'elle est le résultat d'une sage prévoyance et de la constante sollicitude de sa majesté pour les intérêts de la nation.
» Quelle que soit, messieurs, l'issue des négociations d'Altembourg, tout annonce que les Anglais, repoussés de notre territoire, vont s'efforcer ^fioprolonger la guerre d'Espagne. Les non^eux bataillons que sa majesté leur -oppose dans ce royaume n'auront besoin que d'être maintenus au complet , pour rendre vsûnea toutes les tentatives de l'eimemi*
» Si la paix se rétablit entre 1^ France et l'Autriche , on ne pourrait, sans de graves inconvéniens , transporter subitement les braves qui l'auront conquise, des rives du Danube, aux bords du Guadalquivir. Cette observation n'a point
échappé à Tatteiitioii paternelle de sa majesté; et croyons qu'après tant de glorieux travaux elle veut, avec raison , que les vainqueurs puissent venir recevoir l'expression de la reconnaissance publique et l'admiration générale.
» Les considérations , messieurs , que je viens d'indiquer, vous seront développées par les orateurs du conseil d'état, et plus particulièrement dans un rapport du ministre de la guerre , dont l'empereur a voulu qu'il vous fût donné communication. » *
Ce discours précéda les rapports faits par les ministres, et cette séance se termina, com]MjS0;ià':rordinaire, par l'arrêté d'une levée de trente-six mille conscrits, sur les années 1806, 1807, 1808, 1809 et 18 10. €es conscriptions avaient déjà fourni 5ao,ooo hommes, ce qui faisait, comme on voit , une jolie consommation.
Sur ces entrefaites, il «e passa deux événemens auxquels on peut attribuer la chaîne des malheurs qui conduisirent à la décadence de l'empire ; je veux parler du divorce et du mariage de Napoléon.
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Le scandale du divorce, en ajoutant aux sçntîmenâ d'aflfectioa que le peuple portait à rimpératrice, qu'il nommait la bonne Joséphine , fit perdre à Napoléon le respect qu'imposaient les vertus $é«yères du héros : on lui avait pardonné , comme erreur de l'esprit, sa faiblesse pour certaines chimères; alors on accusa son cœur. L'oi^loioB n'accueillit aucune des raisons données pour justifier Tunioii nouvelle, hts Français avaient encore trop présens à la pensée les principes, proclamés pendant leiur révolution , pour se reposer entièrement de leur avenir dans Tattente d'un héritier du trône, qui le serait aussi du génie de ft<;»n père ?
d'aUleurs, les lois dites constitutionnelles avaient réglé la succession à la couronne, sans laisser craindre les trouhles d'une élection. D'un autre côté , pouvait-on admettre que cette alliance li&t le garant d'une paix éternelle avec un gouvernement tel que celui d'Autribh<&? Loin de là, elle ne se rappela que de donlou-^ reux souvenirs , préaursf^nrs 4'ut)e défection qui attristera Vhumaaciité. Les hom-