Poésies, p
4. Aliénor de Poitiers, Les honneurs de la cour, dans les Mémoires sur l'ancienne chevalerie, par Lacurne de Sainte -Palaye, Paris, 1781, t. II, p. 216 et suiv.
5 . Le vert était alors la livrée royale ; vers ce temps-là la reine, qui gisait autrefois en blanc, se prit à gésir en vert (Extraits des comptes royaux, dans Chartier, éd. Vallet de Viriville, t. III, p. 254, 296-297).
6. Le compte de la gésine de 1391, publié par Champollion-Figeac {Louis et Charles, ducs d'Orléans, p. 64-68), fournit les mêmes détails que le cérémonial décrit par Aliénor. Toutefois, à côté de pièces de cendal et de drap vert, destinées aux couvertures des dames et à celles de l'enfant, se rencontrent des draps d'or, des velours doublés de cendal vermeil ; le lit de parement de la duchesse était d'écarlate rose, d'écarlate vermeille son manteau de chapelle.
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de miel, enveloppé de langes, il couchait dans un berceau à roulettes placé devant le feu de la chambre maternelle \ Le baptême du petit Charles se fit, comme il convenait, en grande solennité, dans l'église Saint-Pol, voisine de l'hôtel royal \ Le cortège sortit par la porte la plus proche de l'église, précédé de valets portant les torches, la coupe et le sel baptismal : on y remarqua le parrain, le roi Charles, entouré de la famille royale et des princesses parées de couronnes, la suite gracieuse des dames et des demoiselles. Cette procession s'avança au milieu des barrières de bois contenant la foule accoutumée des badauds de Paris, tandis que les cloches sonnaient à grande volées
Ainsi l'on pénétra dans l'église, tendue de tapisseries, et dont les fonts baptismaux étaient entourés d'un drap d'or 4, En présence du roi Charles, son parrain, qui le prit sur le bras droit et lui imposa son nom, l'enfant reçut l'eau et le sel 5. Après quoi, enveloppé d'un long manteau de velours, on le rapporta dans la chambre de sa mère, toujours couchée en son grand lit. Toutes les dames et demoiselles, seigneurs et gentilshommes, entraient alors jusqu'à chambre pleine.
L'usage voulait que la mère sortît alors de ses courtines pour présenter au roi le drageoir garni d'épices; après quoi les dames servaient le reste de l'assistance. Et la fête pouvait se prolonger un mois durant, car, à tous ceux qui venaient vers Madame, on distribuait dragées et hypocras ^
Quant aux relevailles on les célébrait le matin et devant
1. Barthélémy l'Anglais, Le Propriétaire des Choses^ § de la ventrière ; Aliéner de Poitiers, op. cit.