‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 13 sur 639 · Aliéner de Poitiers, op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Aliéner de Poitiers, op. cit., t. II, p

petite assistance ; l'accouchée présentait elle-même une chandelle et une pièce d'or^

Nous ignorons quelle fut la nourrice de l'enfant, mais c'est Jeanne la Brune ^ qui, près du nouveau-né, remplit l'office de « berceresse » ; et nous savons encore que Charles fut confié d'abord aux soins de la dame de Maucouvent, Jeanne d'Ierville, déjà chargée d'élever Louis, 5on frère aîné 3.

Cette dame, que l'on choisissait bonne et sage, avait la garde et l'administration de l'enfant + ; mais c'était toujours la nourrice qui lui tenait lieu de mère, partageant ses plaisirs et ses chagrins. C'est elle qui le relevait tombé à terre, l'allaitait quand il pleurait, l'embrassait pour le consoler, le liait s'il se remuait par trop et nettoyait ses couches. C'est la nourrice enfin qui apprenait à l'enfant à parler, balbutiant les mots comme font les bègues, et l'endormait de ses chansons >.

A dire vrai c'était un pauvre sire que le roi Charles, parrain de l'enfant. Mais il n'est pas certain qu'en sa folie il valût moins qu'en santé. Epris de chimères et de chevalerie, à toute richesse il avait toujours préféré un harnois clair et bien fourbi, à la couronne même le bassinet du chevalier ou une belle épée^; au demeurant bien intentionné, pitoyable et aimé de tous 7. Depuis le jour où, furieux, on l'avait vu pourfendre les gens de sa suite, les vrais Français avaient pleuré sur lui comme sur la mort d'un fils unique; les gens

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