‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 145 sur 639 · Arch. com. d' Arras, BB. 5, fol · texte numérisé non relu

Arch. com. d' Arras, BB. 5, fol

belles maisons de la ville d'Arras ^ Ce qui n'était pas facile à obtenir; mais quand il s'aperçut que l'artilleur de la plus grosse pièce royale, la Bourgeoise, lançait souvent des pierres dans de fausses directions, Richemont se mit fort en colère ^ De leur côté les assiégés répondaient aux grosses pierres par de bonnes balles de plomb dirigées jusque sur la tente royale. Des variations de température, un froid rigoureux et des chaleurs excessives, de grosses pluies causèrent une grande mortalité dans le camp ; et le roi ne faisait rien pour prendre Arras, sinon par la paix \ Ce qui contrariait fort Bretons et Gascons qui déclaraient la cité bien prenable d'assaut. Et certains eussent alors voulu la destruction totale du duc de Bourgogne

L'un de ceux-là, un grand seigneur, vint un matin devers le roi, qui jouait sur son lit de camp avec un de ses valets de chambre. Tout doucement il tira le roi par le pied, sous la couverture, en disant: « Monseigneur, vous ne dormez pas ? ■ — Non, beau cousin ! Vous soyez le bienvenu. Voulez-vous rien ? Y a-t-il aucune chose de nouveau ? — Nenny, Monseigneur, sinon que vos gens qui sont en ce siège disent que, tel jour qu'il vous plaira, verrez assaillir la ville, où sont vos ennemis, et ont espérance d'y entrer. » A quoi le roi Charles répondit que son cousin de Bourgogne voulait venir à raison et mettre la ville en sa main, sans assaut, et qu'il fallait avoir paix. Mais ce seigneur matinal ne se tint pas pour battu : « Comment, Monseigneur, voulez-vous avoir paix avec le mauvais, faux et déloyal, qui si faussement et mauvaisement a fait tuer votre frère ? » — Sur quoi, le roi lui

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