‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 155 sur 639 · Religieux de Saint-Denys, t. VI, p · texte numérisé non relu

Religieux de Saint-Denys, t. VI, p

2. Juvénal des Ursins, p. 503 ; T. Walsingham, t. Il, p. 344.

3. T. Walsingham, t. II, p. 300, 301, 307; Titus Livius, p. 7.

4. Elham, p. 66-67; Walsingham, t. II, p. 344; Religieux de Saint-Denys, t. VI, p. 381.

roi d'Angleterre (Conférences de Leulinghem). Henry V faisait maintenant connaître toute sa pensée : il réclamait la couronne de France et l'exécution complète du traité de Brétigny. Comme il était impossible de s'entendre sur le fond de la question, des trêves précaires prolongèrent désormais l'état de paix. Mais c'était évidemment le désir d'une guerre, assuré qu'il était de la non-intervention bourguignonne et bien instruit des divisions de la France, qui hantait maintenant la pensée de Henry V. Il écoutait aussi les ouvertures que lui faisait le parti armagnac. Ainsi le duc d'York était reçu à Paris ; cà l'automne de l'année 141 3, le connétable d'Armagnac, Charles d'Albret et l'archevêque de Bourges arrivaient en Angleterre. Les renseignements que Henry eut le loisir de tirer de l'une et de l'autre faction durent être un encouragement au dessein qu'il mûrissait. Désormais son but est bien clair : il a éprouvé la faiblesse du parti armagnac ; c'est avec Jean Sans-Peur qu'il traitera en secret, le 23 mai 1414, pour se partager les conquêtes qu'il pourra faire en France sur les Armagnacs

Toutefois, comme il ne s'estimait pas suffisamment prêt pour envahir la France, Henry V prolongera encore la trêve. Mais, discutant la paix, ses prétentions vis-à-vis du roi seront telles qu'elles excéderont les demandes du traité de Brétigny, ce que Henri II lui-même tint jamais en France : tout cela sans préjudice de la demande pro forma de la couronne.

Henry se préparait tranquillement à la guerre. Le 30 septembre 1414, à un grand conseil de lords spirituels et temporels et de seigneurs ruraux, il crut devoir faire connaître sa pensée et demander avis. Le dessein du roi surprit. Chose .

I. J. de Waurin, éd. W. Hardy, 1. V, p. 173 ; DeBcauçourt, op. cit., 1. 1, p. 132.

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digne de remarque, ce furent les chevaliers qui montrèrent de la modération et dirent leur horreur de verser inutilement le sang chrétien avant d'avoir épuisé tous les moyens de conciliation ; quant au clergé, que le roi Henry venait d'obliger si fort dans la poursuite des LoUards, il vota pour la guerre un double décime. Même résistance, surprise analogue au Parlement qui s'ouvrit en novembre. Et quand le chancelier fit connaître aux liges le désir que le roi avait de recouvrer les droits de sa couronne, demandant une aide effective en hommes et en argent, si les communes votèrent un double subside, elles formulèrent toutefois une nouvelle requête en faveur des voies diplomatiques. Ainsi fut prolongée la trêve jusqu'en mai 141 5 \

Charles d'Orléans passa l'hiver de l'année 141 5 à Paris. Il portait, ainsi que sa suite, de somptueuses robes de drap vert brun, écaillées d'argent % doublées de martres de Prusse, et des manteaux de petit-gris^ ; il achetait des bijoux^' et faisait des cadeaux au jour de l'an : diamant en losange pour la reine Isabeau, rubis pour Mgr de Berry, écharpe d'ambre pour Madame de Guyenne 5 ; il hébergeait sir John Colvyl, chevalier anglais, maître d'hôtel du duc de Clarence ^ ; il donnait au serviteur de l'évêque de Norwich un diamant 7; il distribuait son ordre du Camail ^ menant en un mot la

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