Voir l'Itinéraire ; De Laborde, t. III, n
Mais comment incliner à la paix celui qui désire si ardemment la guerre et l'a préparée ? Malgré lechec des conférences, les Français avaient demandé à être de nouveau introduits à Londres. Henry V rassemblait alors des transports, organisait la régence, annonçant aux nobles et aux gentilshommes de sa retenue qu'ils pouvaient s'attendre à être absents pendant une année. Des joyaux étaient engagés pour la solde des hommes d'armes; la cité de Londres, les banques italiennes, sous menace d'emprisonnement, lui faisaient des avances. Et pendant ce temps Henry se déclarait un ami zélé de la paix ; il prenait le trône du Tout- Puissant à témoin de la pureté de ses intentions : non, il n'agissait pas suivant un vain désir de régner en réclamant ce qui était son droit, mais bien selon sa conscience^ (avril).
Le 30 juin les ambassadeurs de France, l'archevêque de Bourges et l'évêque de Lisieux étaient de nouveau entendus à Winchester; le 2 juillet ils faisaient valoir l'offre de l'Aquitaine, le douaire, inouï dans l'histoire, de 800.000 couronnes. Le 4 ils conféraient avec le roi Henry en personne dans la salle du chapitre de la petite église, où l'archevêque porta la parole : il dit que le roi Charles, son maître, assuré du désir que le roi Henry avait de la paix et d'une alliance matrimoniale, connaissant aussi les qualités recommandables de sa personne, avait un vif désir de conclure la paix ; il ajoutait aux territoires déjà offerts, Limoges et Tulle, et 50.000 écus d'or au douaire de sa fille. Sur ce le roi Henry demanda à réfléchir, rappella les ambassadeurs le 6 juillet, pour connaître sous quelle forme il tiendrait lesdits
I. J.-H. Ramsay, op. cit., t. I, p. 192-193 ; dès le 19 avril 141 5, Charles VI donna l'ordre au bailli de Rouen de convoquer les gens d'armes de son ressort pour s'opposer au roi d'Angleterre qui se préparait à la guerre (Arch. nat., K. 59, n° 12).
domaines, en souveraineté absolue ou en mouvance ? Ce fut la fin des négociations ^
Le 28 juillet, de Southampton, le roi Henry avait écrit à Charles VI une longue épître lui exposant l'ancienne et glorieuse union des deux royaumes, rappelant les moyens par lesquels il avait cherché la paix : mais il faisait aussi connaître sa volonté de combattre jusqu'à la mort pour la justice. Comme la loi du Deutéronome l'ordonne avant d'attaquer une cité, il lui offrait encore la paix, réservant toutefois ses droits sur la Guyenne : sur la question de la dot de Catherine il se serait contenté d'un rabais de 50.000 écus'. Ainsi Henry déchargea sa conscience. Le 23 août, de Paris, le roi de France faisait répondre en affirmant son amour égal pour la paix, mais déniant les droits invoqués par Henry V ; il ajoutait aussi que ce n'était pas là une façon convenable de demander une fille en mariage 3. Et d'ailleurs sans attendre cette réponse les Anglais avaient pris la mer : Henry montait sur son grand vaisseau la Trinité-Royale, le 11 août. Ainsi 2.500 hommes d'armes, 7.000 archers, 120 mineurs et 75 canonniers débarquèrent au chef de Caux, à l'embouchure de la Seine, le 13 ; vers l'Assomption ils assiégeaient Harfleur^.
Le dauphin s'était bien porté à Vernon le 3 septembre > ; mais Harfleur assiégée (la clef de la Normandie) s'était rendue à terme, le 22, sans avoir été secourue, malgré sa résistance et ses fortifications. Le 20 septembre seu-