J. Le Fèvre de Saint-Rémy, éd. F. Morand, t. I, p
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rablc aux expéditions'-. Ils campaient parmi les champs, reconnaissant dans un pays inconnu les gués des rivières, dont les ponts étaient détruits % marchant à pied, poursuivis dans les bois par les gens des communes embâtonnés de haches et de maillets de plomba II aurait suffi de garder les rivières pour perdre ces gens affamés et grelottants ^ : ils passèrent, sans rencontrer d'obstacle, les gués de Voyenne et de Béthencourt (i8 octobre). Et comme les archers craignaient les attaques de la cavalerie française qui évoluait maintenant sur leurs flancs, ils portèrent tous un bâton pointu, long de six pieds, qu'ils pourraient ficher en terre devant eux pour embrocher les cavaliers. La grosse et noire armée des Français se contenta de les flanquer.
Le 20, Charles d'Orléans, le duc de Bourbon et le connétable envoyaient vers le roi d'Angleterre trois officiers d'armes. Ils savaient bien, depuis qu'il avait quitté son royaume, le désir du roi Henry d'avoir bataille contre les Français. Pourtant ils étaient trois princes, issus de la maison de France, prêts « de lui fournir son désir et ce qu'il voulait ». Qu'il dise le jour et la place qu'il assignait pour les combattre ; ils seront contents de le faire. Par leurs députés elle sera choisie, sans favoriser l'un ou l'autre parti, pourvu que ce fût le bon plaisir du roi leur souverain.
Ainsi « trois princes issus de la maison de France » provoquèrent dans sa retraite le roi Henry.
Il demeura merveilleusement froid, traitant avec honneur les officiers d'armes, leur faisant répondre que, depuis qu'il était parti de la ville d'Harfleur, il marchait dans la direction
î. Religieux de Saint-Denys, t. V, p. 544, 554.