‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 164 sur 639 · Monstrelct, t. III, p. loi · texte numérisé non relu

Monstrelct, t. III, p. loi

brcux chariots, canons et ribaudequins, ils se tenaient autour de grands feux, dans une sorte de jachère où l'on enfonçait jusqu'aux chevilles'. Durant cette nuit froide et morne, où la pluie ne cessa de tomber, leurs milliers de chevaux hennissaient. On entendait leurs voix ; on les voyait ployer leurs bannières, ouvrir leurs malles ; leurs fourriers allaient chercher de la paille pour l'étendre sous leurs pieds; pages et valets menaient grand bruit \ Les Anglais les observaient silencieux 3. En silence aussi leurs archers renouvelaient leurs cordes, les hommes d'armes laçaient leur armure. Ceux qui pouvaient rencontrer un prêtre se confessaient 4.

Cette nuit-là Charles d'Orléans manda le comte de Richemont, qui conduisait les Gascons et les Bretons avec deux mille bassinets ; ils se portèrent tout près du logis des Anglais. Mouvement qui provoqua une alerte où quelques traits furent échangés. Suivant l'usage Charles, qui essuyait pour la première fois les coups de l'ennemi, fut alors fait chevaliers Le reste de la nuit se passa dans le calme.

Le lendemain, 25 octobre, au petit jour, on sortit des logis et Ton s'arma. Sur le conseil du connétable on disposa trois batailles de force égale, l'une derrière l'autre. Charles d'Orléans se tenait dans la première, celle-là que chaque chef r€vendiquait de conduire. Ils convinrent donc de se placer tous sur une ligne. Les jeunes gens étaient bien persuadés qu'une seule charge devait suffire pour mettre

î. Monstrelet, t. III, p. 101-102 ; Religieux de Saint-Denys, t. V, p. 558.

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