Monstrelet, ibid
ÂZINCOURT 147
l'ennemi en déroute ^ C'était là sans doute l'avis du jeune duc d'Orléans, qui avait déjà défié le roi Henry ; c'était là le plan de celui qu'on nous dit le « chef et souverain » de l'armée de France % le désir d'un jeune chevalier frémissant à l'aurore de son premier combats
Ces batailles furent établies entre deux petits bois, l'un tenant à Azincourt, l'autre à Tramecourt, dans une place étroite où elles pouvaient à peine remuer, ayant cette fois l'avantage d'un terrain légèrement incliné et barrant carrément le chemin de Calais. Impossible à leur cavalerie de se déployer sur les ailes ; impossible de démasquer les canons. Quant aux archers, ils se tenaient, inutiles, derrière la première bataille des chevaliers qui n'auraient pas toléré que nul les précédât.
La pluie tombait et les chevaux, qui avaient marché sur cette place toute la nuit, l'avaient si bien effondrée qu'ils s'enfonçaient sans qu'on pût les ravoir. Les chevaliers français avaient mis pied à terre ; mais chargés de lourds harnois, de ces longues cottes de fer très pesantes sur lesquelles ils portaient encore armures blanches et bassinets, ils se tenaient si pressés qu'ils ne pouvaient lever leurs lances; ils entraient dans cette boue jaunâtre jusqu'aux chevilles.
Quant aux Anglais, ils formaient une seule ligne déployée d'hommes d'armes, également à pied, divisée en trois bataillons ; chaque bataillon précédé des archers, disposés en coins, à l'abri des perches pointues qu'ils fichaient en terre devant eux.
Le roi Henry, très calme, portant une couronne étincelante sur son heaume de guerre, vient de parcourir leurs rangs sur