‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 167 sur 639 · Cruel, p · texte numérisé non relu

Cruel, p

brillants ils brisaient — Abattant les bannières de France — On entendait comme des coups de tonnerre — On maniait beaucoup haches et lances... — Les Français pour tout leur orgueil — Ils tombèrent tous ensemble — « Je me rends » criaient-ils de tous côtés ! — Nos Anglais ne comprenaient pas — Leurs haches d'armes ils font tourner — Les couchèrent sur l'herbe en longues rangées — Ils n'épargnèrent duc, comte ni chevalier — C'est pourquoi nous disons : Deo gratias » \

Ainsi finit la première bataille, où les Français tombèrent empilés les uns sur les autres. Le roi anglais, comme si un saint Georges combattait devant lui% se jeta hardiment sur la seconde qui se défendit « assez petitement » 3, rompue qu'elle était par les chevaux qui avaient reculé sous les flèches des archers; la troisième s'enfuit 4. Les Anglais, sans la poursuivre, commencèrent de tous côtés à faire des prisonniers, qu'ils estimaient tous riches et grands seigneurs : on se contentait de les désarmer de la tête.

Ce n'était là que le prélude des malheurs de cette journée. L'arrière-garde de Gascons et de Bretons reformée apparaissait de nouveau sur le champ de bataille, marchant en ordonnance, étendards et enseignes déployés. Les Anglais devaient reprendre leur rang et abandonner le butin : le roi Henry ordonna que chacun tuât son prisonnier^. Ainsi la noble chevalerie de France fut égorgée de sang froid. Voyant les Anglais de nouveau formés, l'arrière-garde se dispersa. Alors on se

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