Christine de Pisan, p
l'enfance 7
suivant la manie des princes en ce temps-là, oublieux parfois de payer leurs propres dettes
Christine de Pisan, qui l'a bien connu, nous le dit aimable, beau de corps, de très douce et bonne physionomie, gracieux en ses plaisirs, riche dans ses habillements, excellent cavalier, bon danseur, aimant à rire et à s'amuser avec les dames \ En vérité, il réunissait en sa personne les dispositions les plus rares et les plus frivoles; ses défauts n'étaient pas moins extraordinaires que ses qualités.
Ainsi pour la facilité de la parole nul ne Taurait surpassé. Dans les réunions de sages docteurs et de clercs solennels sa mémoire et son éloquence semblaient merveilleuses ; de longue main il paraissait avoir étudié la matière qu'ils traitaient 3. Qui l'avait vu tenir audience et expédier ses affaires demeurait frappé de l'ordre et du calme qu'il y apportait +. De bonne heure aussi Louis avait aimé les livres et attaché à sa maison Gilles Malet, garde de la librairie du feu roi. Il achetait à gros prix de grands ouvrages en français, richement enluminés, que les libraires faisaient exécuter à son usager.
Louis d'Orléans ne prenait pas un moindre plaisir aux exercices les plus violents, aux joutes où il paraissait magnifiquement vêtu^ Il aimait les chevaux 7, les grandes chasses à courre daims et cerfs ^ Au jeu de paume enfin le duc
1. Vie de Louis de Bourbon par Cabaret, p. 192, 193, 194 ; Juvénal desUrsins, p. 418.