Registre de la ville de Salisbury, op> cit
I5B VIE DE CHARLES d'orLÉANS
càui'. Car pieux comme il semblait, chevaleresque aussi, le gracieux roi Henry voulait les honorer. Il n'entendait s'attribuer aucune gloire de sa victoire; elle était l'œuvre de Dieu qui lui avait livré des adversaires adonnés à tous les péchés. Ainsi l'avait-il déclaré aux princes au souper qu'il leur avait offert à Calais, où chacun d'eux reçut une robe de damas ^ Et, le i^'' décembre, le roi Henry ne manquait pas de faire célébrer un service pour les morts d'Azincourt, tant Français qu'Anglais \
Depuis la guerre entre les deux royaumes telle était la coutume relative cà leurs prisonniers : on égorgeait ou on abandonnait, après serment de ne plus porter les armes, tous ceux qui n'avaient rien ; étaient conservés au contraire avec grand soin ceux d'entre eux qui pouvaient être rachetés par leur famille ou leurs sujets. On se contentait alors de veiller sur eux, selon les circonstances de les tenir plus ou moins au secret ; parfois aussi ils étaient enchaînés rigoureusement 4. Cette coutume était l'exception. Les prisonniers, pour une famille, représentaient bien plutôt une vraie fortune qui se transmettait par héritage; on les donnait en ferme 5. Et personne ne se faisait scrupule de falsifier leurs comptes, d'escroquer ce que les lombards leur laissaient. Enfin, pour