‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 186 sur 639 · Religieux de Saint-Denys, t. VI, p · texte numérisé non relu

Religieux de Saint-Denys, t. VI, p

lyO VIE DE CHARLES d'oRLÉANS

imposera au roi et à son armée « une charge aussi grande », plus lourde peut-être que celle de continuer à guerroyer. En Normandie il lui fallait payer ses soldats et leurs vivres, sous peine de soulever cette province. Aucun possesseur de grand fief, très peu de gentilshommes lui obéissaient ; ceux qui se soumettaient cà lui devenaient la proie des brigands et d'autres ennemis. Henry aurait préféré faire une alliance très avantageuse avec le dauphin ; on se serait entendu sur le dos du duc de Bourgogne ^ Et parmi les articles de cette entente on voit que le dauphin demandait alors que le duc d'Orléans fût mis à finance raisonnable ^

Il fallait le meurtre du pont de Montereau où Jean Sans- Peur tombait assassiné ^ comme Louis d'Orléans, (maladroite vengeance que les partisans de Charles estimèrent un vrai jugement de Dieu 4), pour procurer au roi Henry l'alliance des Bourguignons sans laquelle les Anglais n'auraient jamais opéré en France que de vastes razzias. C'en était fait. Maintenant les Anglais tournaient autour des états de Charles d'Orléans 5.

Le succès des entreprises anglaises en France allait modifier fort rigoureusement la position des prisonniers du roi d'Angleterre. Car, tandis qu'il faisait la conquête de France, le roi Henry craignait toujours quelque révolte de l'Ecosse dont ils auraient pu profiter.

C'est pourquoi, de Gisors, le i^^ octobre 1419, le roi Henry recommandait à l'évêque de Durham, son chancelier, d'apporter le plus grand soin à la garde des prisonniers fran-

1. Proceedwgs, t. II, p. 350-358; De Beaucourt, op. cit., t. I, p. 284 et suiv.

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