‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 2 sur 639 · Dépouillement sur fiches dans l'ordre chronologique · texte numérisé non relu

Dépouillement sur fiches dans l'ordre chronologique

7 Fr. nouv. acq. 3640 (Bastard n"' 380-522) [1401-1408] ; 3641 (n°' 523-578); [1409- 1413] ; 3642 (n- 678-826) [1413-1449I; 3643 (n-^ 827-976) [1449-1461] ; 3644 (n- 977- 1178) I1462-XV1'' s.]. Cf. Léopold Delisle, o/j. cit.

8. K. 500 (joyaux et librairie) ; K. 502-503 (fragments de comptes) ; K. 534-536 (1401- 1473) ; KK. 268-269 (Ventes de 1408 à 1427) ; KK. 270-272, comptes de l'hôtel de 1448- 1463 ; KK. 897, lettres d'offices ; KK. 902, journal de la Chambre des Comptes — Comptes d'Asti KK. 318 b-f.

9. Série K. passim ; entre autres K. 64 n° 37'^ (Journal des sommes avancées à Charles d'Orléans de 1415 à 1440). — Voir aussi J. 919, 26, Journal des sommes envoyées pour la délivrance du comte d'Angouléme.

10. Inventaire sommaire, Orléans 1907. Cf. les nombreux extraits donnés dans le précieux ouvrage de Lottin, Recherches historiques sur la ville d'Orléans, 1836, t. I.

11. Il faut y ajouter la série de la justice de Blois Z"-^ 334 (1440) à 351 (1462) et divers numéros de la série Q.' 450-489.

INTRODUCTION

biographes de Charles d'Orléans n'y ont jamais fait que des investigations assez sommaires.

Aimé Champollion-Figeac (Louis et Charles d'Orléans, leur influence sur les arts, la littérature et Vesprit de leur siècle d'après les documents originaux et les peintures des manuscrits, Paris, 1844, in-S") a parcouru le cabinet des Titres de la Bibliothèque Nationale (dossier Orléans) et vu un certain nombre de pièces aux Archives Nationales. Mais ce qu'il dit de Charles d'Orléans (2^ partie, p. 272-386) est fort sommaire, entremêlé de digressions, et l'auteur, suivant une déplorable habitude, n'a jamais fait connaître les sources qui appuyaient ses dires.

M. Constant Beaufils (Etude sur la vie de Charles d'Orléans, Coutances 1861, in-80) n'avait pas le dessein de rappeler dans ses détails la vie du duc d'Orléans. Il présenta à ses juges pour le doctorat ès-lettres une esquisse, surtout littéraire, très courte ; elle demeure l'œuvre d'un homme qui sentait vivement la poésie, qui avait compris parfaitement le problème qu'il posait, sans le résoudre. « L'histoire de Charles d'Orléans se trouve en grande partie contenue dans ses poésies », écrit Constant Beaufils. C'est là un très juste point de vue, encore qu'il aurait dû être fécondé par une connaissance exacte et très précise de cette vie.

Ce que M. R. de Maulde-la-Clavière nous a fait connaître de Charles d'Orléans (Histoire de Louis XII, première partie, Louis d'Orléans, t. I. Paris, 1889, introduction ; ch. m, Marie de Clèves) est infiniment plus informé. L'étude des prétentions italiennes des ducs d'Orléans (ch. 11) constitue un chapitre très nouveau, et fort documenté, de son étude. On ne saurait, en toute justice, reprocher à cet auteur, sur un sujet qu'il ne pouvait qu'efileurer (il n'a parlé de Charles d'Orléans que pour nous faire connaître le père de Louis XII), des lacunes, des inexactitudes et l'esprit généralement un peu superficiel qui dépare cet estimable ouvrage.

L'admirable écrivain anglais R. Louis Stevenson était un grand lecteur de Charles d'Orléans. L'étude qu'il lui a consacrée dans ses Familiar studies of men and books demeure d'un haut intérêt. Le milieu est vu avec justesse et vigueur; le portrait de Charles, tracé avec sympathie. Dans la « folie triste et stérile de ce temps », Charles d'Orléans semble même à Stevenson un « caractère tout à fait vivant ». On ne saurait faire la critique de l'essayiste qui a parlé si rigoureusement de lui-même. Stevenson assure quelque part que les créations de son esprit s'imposaient à lui au milieu de ses rêves : ce qu'il a écrit de Charles d'Orléans a toute la vie et le charme d'un songe. C'est dommage seulement que tant de fortes images aient été produites en vain, comme ces fantômes qui s'évanouissent à l'aube de nos réveils.

L'érudition moderne, sans l'avoir traité, a complètement renouvelé le sujet que nous abordons aujourd'hui.

INTRODUCTION

C'est ainsi que les études de MM. Piageti et Gaston Raynaud^ nous permettent d'apprécier à sa valeur l'originalité véritable de Charles d'Orléans comme poète, et ce qu'il doit à ses devanciers. Les Arts de Rhétorique de M. Ernest Langlois nous ont aidé à nous faire une idée juste de la poésie de ce temps. La date de la naissance de Charles d'Orléans a été établie par M. E. Jarry, auteur d'une remarquable histoire de Louis d'Orléans, père de notre Charles 3 ; M. J. Camus a révélé Valentine de Milan 4. M. A. Thomas a attiré l'attention sur les débuts poétiques de Charles. M. Roman a complété, de façon heureuse, la publication de documents entreprise 5 par M. de Laborde^, M. Georges Dupont-Ferrier s'est fait le biographe très informé de Jean d'Angoulême, frère de Charles 7. Enfin, sur nombre de personnages blésois ayant été en rapport avec Charles d'Orléans, M. J. de Croy a écrit de fort précieuses notices biographiques*^.

C'est donc avec reconnaissance et timidité qu'un nouvel historien se présente ici. Il mesure les lacunes certaines de son ouvrage à la masse des documents qu'il a dù parcourir ; au sort misérable des archives de la Chambre des Comptes de Blois, dispersées, égarées, détruites, si nombreuses certaines années, insignifiantes pour telles autres.

Le personnage dont il essaye le portrait, il a voulu d'abord le surprendre dans ses habitudes, dans ses petites manies, faisant œuvre de scribe à son comptoir^, s'amusant à jouer aux échecs ou aux tables 10, rangeant et lisant les livres de sa librairie". Aujourd'hui il tente de le présenter tout entier. C'est un vieil homme d'autrefois, dans ses actions et ses pensées, qu'il ambitionne de faire connaître ; un homme plus ancien même que son temps, par sa langue et son inspiration ; un homme très moderne aussi de sentiment, et dont le cœur a battu à l'unisson du nôtre.

1. Oton de Granson et ses poésies, dans Rouianîa, t. XIX, p. 237,405 — Jean de Garciicières, dans Romania, t, XXII, p. 422.

2. Les Cent Ballades, poème du xiv' siècle composé par Jean le Seneschal^ p. p. G. Raynaud. Paris, 1905, in-8 [Soc. des anciens textes].

3. La vie politique de Louis de France, duc d'Orléans, 1372-1407, Paris, 1889, in-8.

4. La venue en France de Valentine Visconti, duchesse d'Orléans et l'inventaire de ses joyaux apportés de Lonibardie. Turin, 1890. — Je n'ai pu citer M. Emile Collas, Valentine de Milan, duchesse d'Orléans, Paris, 191 1, dont l'ouvrage a paru après mes feuilles tirées.

5. Les premiers vers de Charles d'Orléans, dans Roniania, t. xxii, p. 128.

6. Inventaires ci documents relatifs aux joyaux et tapisseries des princes d'Orléans-Valois, 1389- 1481, Paris, 1894. — Compte des obsèques et du deuil de Charles, duc d'Orléans, 1885.

7. La captivité de Jean d'Orléans, comte d'Angoulême (1412-1445), dans la Revue Historique, 1896, t. LXII, p. 42. — Jean d'Orléans, comte d'Angoulême, d'après sa bibliothèque (1467) dans la Bibl. de la Faculté des Lettres de Paris, 1897.

8. Cartulaire de la Ville de Blois (i 196-1493), éd. J. Soyer et Guy Trouillard, notices de J. de Croy, 1907. — Un portrait de Charles d'Orléans, Blois, 1909, in-8'^.

9. P. Champion, Le manuscrit autographe des poésies de Charles d'Orléans, Paris, 1907, in-8.

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