‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 223 sur 639 · Christine de Pisan. Livre des faits, p · texte numérisé non relu

Christine de Pisan. Livre des faits, p

Charles se reportait avec complaisance au temps de sa jeunesse heureuse ' :

Langaigier quant pieça j'estoye

Jeune, nouvel etplainde joye...

De ce temps-là il disait encore :

Amoureux ont parolles paintes Et langaige frais et joly ; Plaisance, dont ilz sont acointes.

Parle pour eulx ; en ce party J'ay esté : or n'est plus ainsy !

Alors de beau parler trouvoye A bon marchié, tant que vouloye ; Si ay despendu mon savoir Et, s'ung peu espargné en ay, Il est, quant vendra a l'essay, Tout enroillié de nonchaloir^

Enfin c'était un dur et périlleux état (assure-t-il) que celui de prisonnier ^ ; à ce point même que des nouvelles de sa mort avaient couru en France-^, bruit qu'il démentait plaisamment :

Nul ne porte pour moy le noir :

On vent meilleur marchié le gris.

Or tiengne chascun pour tout voir Qu'encore est vive la souris !

Mais on peut penser que les risques de la captivité anglaise étaient rarement aussi considérables, et que Charles les exagéra poétiquement 5.

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