Christine de Pisan. Livre des faits, p
Charles se reportait avec complaisance au temps de sa jeunesse heureuse ' :
Langaigier quant pieça j'estoye
Jeune, nouvel etplainde joye...
De ce temps-là il disait encore :
Amoureux ont parolles paintes Et langaige frais et joly ; Plaisance, dont ilz sont acointes.
Parle pour eulx ; en ce party J'ay esté : or n'est plus ainsy !
Alors de beau parler trouvoye A bon marchié, tant que vouloye ; Si ay despendu mon savoir Et, s'ung peu espargné en ay, Il est, quant vendra a l'essay, Tout enroillié de nonchaloir^
Enfin c'était un dur et périlleux état (assure-t-il) que celui de prisonnier ^ ; à ce point même que des nouvelles de sa mort avaient couru en France-^, bruit qu'il démentait plaisamment :
Nul ne porte pour moy le noir :
On vent meilleur marchié le gris.
Or tiengne chascun pour tout voir Qu'encore est vive la souris !
Mais on peut penser que les risques de la captivité anglaise étaient rarement aussi considérables, et que Charles les exagéra poétiquement 5.