I. Poésies, p
Priez prelatz et gens de saincte vie.
Religieux, ne dormez en paresse; Priez maistres et tous suivans clergie, Car par guerre fiiult que l'estude cesse ; Moutiers détruits sont sans qu'on les redresse, Le service de Dieu vous fault laisser : Quant ne pouvez en repos demourer Priez si fort que briefnient Dieu vous oye : L'Eglise voult a ce vous ordonner; Priez pour paix, le vray trésor de joye
Cette prière, Charles la demandait encore aux princes, rois, ducs et comtes, à tous gentilshommes et chevaliers dont les seigneuries étaient tombées aux mains de méchantes gens, riches de leurs biens et monnaie ; il la demandait au peuple qui souffrait les tyrannies sans nombre de la guerre, aux loyaux marchands qui ne pouvaient plus conduire leurs marchandises par le royaume ; il demandait enfin aux galants de ce monde d'unir leurs prières à la sienne :
Priez galans, joyeulx en compaignie.
Qui despendre desirez a largesse :
Guerre vous tient la bourse desgarnie ; Priez galants, qui voulez en liesse Servir amour, car guerre, par rudesse.
Vous destourbe de vos dames hanter ; Priez pour paix, le vray trésor de joye
Touchantes, ingénues, inattendues aussi, ces prières ne devaient point trouver leur écho dans le ciel. Du moins témoignent-elles de sa détresse, de l'ennui qui l'accablait loin de son pays.
Or les captifs menaient une vie monotone, entre les lom-