‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 235 sur 639 · L'esclavine · texte numérisé non relu

L'esclavine

pèlerins du Christ, qu'il vous accorde toutes les vertus nécessaires au salut Celui qui, après avoir achevé pour nous son pèlerinage, repose dans sa patrie, le Père et le Saint-Esprit, et vivra dans les siècles des siècles, amen ' ! »

Charles d'Orléans connaissait encore cette déclamation latine, œuvre de quelque clerc ruiné par les guerres, qui prophétisa sur les malheurs du royaume ^ :

— Provoquez les lamentations ! Qu'ils viennent pleurer, les doctes et les sages ! Accourez pleureuses et menez grande douleur ! Femmes lamentez vous! Qu'il ressuscite, le Jérémie de jadis, pleurant sur l'opulente Jérusalem! Qu'il surgisse, lui ou tel autre, pour chanter son cantique douloureux... Cité florissante, gloire de l'univers, joie de clerc, célèbre et glorieuse région, fameuse et noble, jetée dans l'ouragan tu croules sur toi même. Sur toi tu as tiré le glaive et, de ta beauté, tu fis une gloire abominable. Des hommes de peste se sont élevés : horreur ! ils s'égorgent entre eux ! Le désir de piller les a tous ravis et tout leur est butin. Ils commettent les plus grands larcins. Des hommes se sont joués des conventions ; des gens d'un même pays se sont rués les uns contre les autres. Voici le temps des bouleversements ; une populace ignoble s'est levée comme un tourbillon. Une voix lamentable s'est fait entendre, gémissante et hurlante. Tu as multiplié les veuves ; des bouchers dévastateurs font irruption sur toi. On tue pour servir des haines et des colères particulières. Le même homme est juge et partie, pour mieux dire bourreau. La justice n'est que haine atroce ; des calomnies sont forgées dans tes cavernes... Les pacifiques

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