Poésies, p
2. N°s 53 et 64 de l'inventaire de Saint-Omer ; De Laborde, nos S^^j et 6569.
3. Le Prisonnier âesconforté âe Loches, poème inédit du xv^ siècle, introduction de P. Champion.
4. G. Dupont-Ferrier, Jean d'Orlcaus, comte d'AngouJênic, d'après sa hibîiothègiie, op. cit.
5. L. Delisle, Anciennes traductions françaises de la Consolation de Boèce, et P. Meyer, dans Romania, t. II, p. 271.
rois d'Angleterre ! Charles d'Orléans lisait la Consolation, comme tout le monde la lut de son temps ; mais bien malgré lui il était le nourrisson de la philosophie et il ne paraît guère avoir goûté la félicité qui résulte de la contemplation de l'être immuable, ainsi que l'enseignait le disciple attardé de Platon et d'Aristote. Mais Boèce était alors considéré comme un saint ' et les miniatures avaient popularisé l'image où, vêtu de la longue robe des clercs, le bonnet des docteurs en tête, le Romain enchaîné sur son grabat fut visité par les dames consolatrices, dont les nobles sentences se déroulaient sur des banderoles.
De telles lectures, si graves, semblent plutôt d'un chanoine que celles d'un prince français sur la trentaine. Elles donnent la mesure de sa désolation. Avec des parties d'échecs, et les rares visites de ses serviteurs de France, de tels livres furent la consolation et l'allégement de son incurable ennui :
En lieu de plaisance lye Au lever et au couschier Trouveras Merencolie :
Souvent te fera veillier, La nuit et le jour songier.
Ainsi te guerdonnerons Et es fers te garderons De Soussy et Pensement.
Se tu peuz si te delïere :
Par nous n'auras autrement Ou Royaume d'Angleterre \
1. Ch. Jourdain, De Voriaine des traditions sur Je christianisme de Boèce, Paris,