‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 242 sur 639 · Poésies, éd. A. Champollion-Figeac, 1842, p · texte numérisé non relu

Poésies, éd. A. Champollion-Figeac, 1842, p

Les maîtres sont indulgents aux premières productions de leurs élèves. Son précepteur nous conserva, sur l'exemplaire d'un Salluste qu'il expliquait à ses élèves, les premiers vers du poète que Charles oublia, non sans raison, de recueillir.

Depuis la mort de son père (1407), Charles d'Orléans avait dû poursuivre sa vengeance et devenir chef de guerre ; dès ce temps, il demeura sans loisirs et sans bonheur', toujours en chevauchées, dissipant son bien, jusqu'au jour où les excès des bouchers, l'an 1414, portèrent son parti au pouvoir.

Or cette année-là, dans un moment de fortune, nous savons qu'il fit broder de perles, tout au long de sa manche, le dit de la chanson : Madame je suis plus joyeulx \ Cette chanson, nous ne la possédons plus : mais c'est bien vraisemblable qu'il en était l'auteur et qu'elle s'adressait à sa seconde femme, Madame Bonne d'Armagnac.

Il fallait en ce temps aimer pour devenir preux ou poète; il n'était de poésie aristocratique qu'amoureuse.

Ainsi était-il advenu, jadis, à Lancelot et à Tristan, qui, par leur amour, atteignirent la gloire parmi les vaillants trépassés. Plus récemment on citait les exemples de messire Oton de Granson, du bon connétable de Sancerre, du maréchal de Boucicaut, du marquis de Saluées, prisonnier etpoète 3, et de bien d'autres, que le service d'amour rendit vaillants : « car c'est noble chose que d'amour pour qui en sait bien user » 4.

!• Passer m'a fait le plus de ma jeunesse,

Dieu sceut comment, en doloreux party.

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