‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 243 sur 639 · Jorga, Le marquis de Sahices, p · texte numérisé non relu

Jorga, Le marquis de Sahices, p

4. Livre des faits de Jean Bouciquaut, éd. Buchon, t. III, de Froissart, p. 572- $74. Cf. à la suite de l'éloge d'Oton de Granson dans le Champion des Dames de Martin le Franc (Bibl. nat., ms. fr. 12476, fol. 85 v») :

Qui list Lancelot et Artns En armes si aventureux, Tristan, Percheval et Pontus, Sinon qu'ilz furent amoureux ?

Quand le gracieux jouvencel Boucicaut sentit la pointe amoureuse que Doux Regard, le subtil archer, décoche aux cœurs gentils, lui aussi devint joyeux, joli et chantant, et commença de faire ballades, rondeaux, lais, complaintes d'amoureux sentiment. Il voulut user de robes, de chevaux, de harnais plus élégants que de coutume, prit la devise et le mot propres à déclarer son amour, les porta sur tous ses habillements. Aussi quand il s'ébattait en danse ou fête, nul ne le passait-il en gracieuseté et courtoisie, en chanter, rire et parler. Volontiers il disait les chansons et rondeaux qu'il avait composés et les récitait gentiment pour se faire entendre de sa dame : il s'y plaignait de l'étreinte de son amour \

C'était là l'amour à la mode ; la poésie n'était que ce passe-temps mondain. Ce vieux maître réaliste lui-même, Eustache Deschamps, l'avait énoncé dans Yart de Didier qu'il écrivit précisément « du commandement d'un sien très grant et especial seigneur et maistre » ^ :

Rhétorique versifier Fait l'Amant, et metrifier.

Et si fait faire joHs vers Nouveaux et de mètres divers

A qui n'aurait su rimer, des recueils offraient des compositions toutes faites, appropriées aux différentes relations des amants

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