Eustache Deschamps, Art de ditié (t. VII des Œuvres
7. Voir la rubrique du ms. fr. 1584, fol. CLXXVij v» : Les balades on il n'a point de chant ; voir fol. ccxlifo le dessin représentant l'amant écrivant à sa dame une ballade notée.
8. Nous verrons plus tard qu'on a réservé sur le ms. fr. 25458 la place pour inscrire la musique au-dessus des chansons ; elle ne fut jamais notée et reçut plus tard des inscriptions postérieures. Depuis 1450, on ne rencontre guère plus que des rondeaux. La lyrique musicale disparaissait.
9. P. Champion, La librairie de Charles d'Orléans, p. xxviii-LVi.
ancienne que lui, Charles d'Orléans a conservé les vagues expressions, qui se retrouvent d'ailleurs chez la plupart des poètes de son temps, le jargon amoureux, les situations convenues qui rendent si difficiles les recherches du commentateur indiscret.
De toutes les interprétations de cette énigme littéraire, la plus étrange est celle qui y découvre l'allégorie de la France Elle n'est guère moins déconcertante celle qui y voit le symbole de la vie amoureuse de Charles d'Orléans : « Beauté ce n'est pas telle femme, c'est la femme, la femme belle, la femme qu'on aime. C'est le symbole, l'allégorie de tous les cœurs féminins qui se sont donnés à lui. » ^ Or Beauté est une créature bien définie, et nous avons lu son histoire jusqu'à sa triste fin. D'ailleurs, Charles d'Orléans ne se lasse pas de célébrer sa jeunesse ^ ses beaux yeux, sa douceur-^, son chant, sa danse et son rire \ Comment un vague symbole aurait-il inspiré tant de traits précis, tant de passion, une douleur si vraie ?
Il y a plus. Cette dame semble bien la jeune épouse de Charles d'Orléans ^
De qui, sinon d'elle, aurait-il pu dire aux oiseaux le jour de la Saint- Valentin qui suivit sa mort ?
Chascun de vous a per qui lui agrée Et point n'en ay, car Mort, qui m'a trahy A prins mon per, dont en dueil je languy Sur le dur lit d'ennuieuse pensée
1. Constant Beaufils, Etude sur la vie de Charles d'Orîr'ans, 1861, in-S".