‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 255 sur 639 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

6. Je rappelle encore que cette opinion a déjà été soutenue par ChampoUion-Figeac.

7. Poésies, p. 75. Cf. la ballade J'ay aux esches Joué devant Amours (p. 67) dont le refrain est : Se je ne fais une dame nouvelle.

Cette dame était sa compagne, comme il le déclara à la Déesse d'Amour :

C'est par la mort, qui fait a tous rudesse, Qui m'a tollu celle que tant amoye.

En qui estoit tout l'espoir que j'avoye, Qui me guidoit, si bien maccoiJipaigna En son vivant que point ne me trouvoye L'omme esgaré qui ne scet ou il va \

Comment ne pas voir encore une allusion à leur mariage dans cette «foi donnée », ce serment qui doit durer jusqu'à la mort ^ ?

Pourtant se souvent ne vous voy Pensez vous plus que vostre soye Par le serement que je vous doy...

Vous savez que je vous feis foy Pieça de tout ce que j'avoye Et vous laissoy, en lieu de moy.

Le gaige que plus chier amoye :

C'est mon cueur que j'ordonnoye Pour avecques vous demourer, A qui je suis entièrement ; Nul ne m'en pourroit destourber Fors que la mort tant seulement...

Belle, que tant veoir vouldroye.

Je prie a Dieu que brief vous voye.

Ou s'il ne le peut accorder.

Je luy supply très humblement Que riens ne me vueille donner Fors que la mort tant seulement 3.

Ces deux « mains assemblées » ne sont-ce pas là des symboles assez clairs de leur union ?

Combien que Dangier, le rebelle, Me fait loing d'elle demourer

I. Poésies, p. 73. — 2. P. 25, 29. — 3. P. 25. Cf. p. 48 : Se je ne povoye mes souhais.

Je congnois tant de biens en elle Que je ne pourroye penser Que tousjours ne vueille garder Ce que me promist sans nul sy Faisant nos deux mains assembler Quant me donna le don d'amy

Pour Dieu gardez bien souvenir...

La manière quoy et comment, Ja pieça, me feistes promesse, Quant vous retins premièrement Ma dame, ma seule maistresse...

Me déistes que sans despartir De m'amer estiez fermée, Tant comme j'auroye durée....

Si tiens que parler de princesse Vient du cueur, sans decevement...

Nul remède ne scay quérir Dont ma doleur soit allégée.

Fors que souvent vous requérir Que la foy, que m'avez donnée, Soit par vous loyaument gardée :

Car vous congnoissez clerement Que, par vostre commandement, Ay despendu de ma jeunesse Pour vous actendre seulement, Ma dame, ma seule maistresse ^

Comment aussi Charles d'Orléans aurait-il tant de fois invoqué la loyauté de ses sentiments, s'il n'avait été question de sa femme légitime ?

Celle que j'aime loyaument 3...

Mais Espoir, mon bon conseillier, M'a dit et promis seurement

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