‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 262 sur 639 · Ihid.^ t. III, p · texte numérisé non relu

Ihid.^ t. III, p

La délivrance i^^

servir la cause des frères d'Orléans : elle exaspéra en Angleterre le sentiment populaire contre les Français ^ Quand Toison d'or, héraut de Bourgogne, s'en fut à Londres, pour exposer au roi Henry ce qui avait été conclu à Arras, il dut s'enfermer dans la boutique d'un savetier ; on l'accabla d'insultes et peu s'en fallut qu'il n'allât au fond de la Tamise. Le chancelier d'Angleterre dénonça au parlement la félonie du duc de Bourgogne. Le duc de Bedford, si habile à temporiser, n'était plus. Gloucester, délivré de la contrainte dans laquelle il avait été tenu par le défunt régent, jurait de tirer vengeance du rebelle. Il n'était fils de bonne mère qui ne maudît le duc Philippe : la populace se ruait sur les boutiques des commerçants bourguignons établis à Londres ^ Quant au conseil, il délibéra de poursuivre la guerre (décembre 1435) et, à l'ouverture du parlement, les com- I munes votèrent rapidement des subsides K La garnison de Calais reçut l'ordre d'attaquer les Bourguignons d'Ardres ; les navires flamands furent saisis sur les côtes d'Angleterre.

Le 9 juillet 1436, 30.000 hommes des milices de Flandres tournaient autour de Calais. La place était imprenable, ravitaillée par terre et par mer. Les Flamands essayèrent en vain de boucher le port : leur grosse armée, comme toujours, fondit sous les défections. Ainsi Philippe le Bon dut suivre la retraite de ses milices, abandonnant tentes et canons. Et quand Gloucester, qui l'avait défié, aborda à Calais, le siège était levé. Le Protecteur ravagea et brûla le pays, jusqu'à Saint-Omer. Mais lui aussi devait bientôt battre en retraite

/ t. Stevenson, Wars of the English in France, voL II, part. Ij p. Vîî»

2. Monstfelet, t. V,p. 192 ; De Beaticourt, t. III, p. 74, 77.

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