‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 263 sur 639 · Stevenson, op. cit · texte numérisé non relu

Stevenson, op. cit

ayé VIE DE CHARLES d'oRLÉANS

sur Calais, ses troupes n'étant enrôlées que pour un mois de service^ (24 août).

Il fallut donc en venir à la paix puisqu'on ne pouvait soutenir la guerre.

Ainsi l'estima Hugues de Lannoy, le négociateur bourguignon. — Le roi Charles de France ne gouverne pas mais est gouverné; son royaume est pauvre, les capitaines ne lui obéissent pas. Les gens d'églises, les bonnes villes ne désirent que la paix. Le roi anglais est trop jeune pour conduire les affaires ; son argent, dévoré pour vingt ans par la guerre. La chevalerie et les soldats en sont las; ils contiennent à grand' peine les rebelles d'Ecosse et d'Irlande.

Comme il faut endurer ce qu'on ne saurait empêcher, c'est donc votre avantage, à vous, Anglais, de faire la paix.

1. Monseigneur de Bar (le roi René), frère de la reine de France et de Charles d'Anjou, est notre prisonnier : rendons-le à la liberté et nous nous assurerons des protections puissantes.

2. QjLUttons au roi de France l'engagement des 400.000 écus au sujet du comté de Ponthieu, d'Amiens et des villes de la Somme ; le roi de France cédera alors vraisemblablement la Normandie au roi d'Angleterre.

3. Monseigneur d'Orléans est prisonnier en Angleterre. Depuis longtemps il cherche et poursuit sa délivrance, qui ne peut venir que par la paix entre les deux royaumes. Le Bâtard d'Orléans, les serviteurs et les amis des d'Orléans, sauront bien contraindre le roi Charles à la paix générale. De leur côté les Anglais pourraient élargir le duc qui, avec le concours du roi et des seigneurs de France, en témoignage de sa reconnaissance, saura bien avancer la paix finale. Le

I. J. Waurin, éd. Hardy, p. 200-205; Politicah Poeiiis, 122; K.-H. Vickers, Hiiiiifrey, diihe of Gloucester, London, 1907, p; 249-25/].

duc de Bourgogne en tirerait même un avantage particulier en s'assurant sa reconnaissance ^

Qiiant aux Anglais, toujours furieux de la conclusion du traité d'Arras, eux aussi, se tournaient vers Charles d'Orléans. On lui montra des documents prouvant comment les ducs de Bourgogne, le père comme le fils, avaient toujours empêché sa délivrance et celle de son frère. Le roi Henry consentirait seulement à le mettre en liberté si Charles prenait l'engagement formel de poursuivre sa guerre contre le duc de Bourgogne'. Et Charles de répondre « qu'il ferait pour sa délivrance toutes choses que faire pourrait, qui ne fussent contre son honneur. Et que quand il plairait au roi lui faire dire particulièrement sa volonté, il en répondrait tant que le roi en devrait être content. »

Mais Charles d'Orléans n'était pas dupe de cette manœuvre. Il demandait au contraire à ses amis d'observer la paix du roi de France et du duc de Bourgogne. « Semble que par ce moyen attend sa délivrance », dit la correspondance secrètes Ce qui était sage.

Bien plus Charles d'Orléans cherchait à entrer dans l'alliance du pacifique Amédée VIII, duc de Savoie, l'allié et l'ami du duc de Bourgogne, qui avait si fort travaillé à la réunion du congrès d'Arras.

C'était un saint homme de duc qui avait épousé Marie, fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, dont il avait eu trois enfants : Louis ; Marie, femme de Filippo Maria Visconti, duc de Milan ; Marguerite, mariée à Louis III d'Anjou, mort à Cosenza le 15 novembre 1434

1. 10 septembre 1436. (Bibl. nat., ms. fr. 1278, fol. 34- De Beaucourt, t. III, p. 82-83).

2. Exposé de Louvet. Turin, Arch. di stato. Negoz. colla Francia.

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