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4 L'art de vérifier le^ dates, t. III, p. 622, 841.
27B VIE DE CHARLES d'oRLÉANS
Le Bâtard d'Orléans était alors en correspondance avec cet homme habile et riche, Louvet, le président de Provence. Il se disait sûr de « faire une fin » de la délivrance de son frère par la médiation du duc de Savoie'. Charles correspondait oralement, par son héraut, Orléans, avec le président ; il lui exprimait toute sa reconnaissance pour les bons offices du Savoyard, le chargeait d'intervenir auprès de son gendre, le duc de Milan (le marchand en langage convenu), qui lui devait de l'argent. Il savait encore l'arrivée d'un « corsier de Naples », c'est-à-dire de la veuve de Louis III d'Anjou.
Or le président Louvet, à qui l'on demandait aussi de l'argent, faisait savoir qu'il avait songé à marier le comte d'Angoulême avec la fille d'Amédée : Charles d'Orléans engagerait Asti au duc de Savoie. Mais bientôt Charles faisait connaître au président que, « toutes choses considérées », il était « délibéré de vouloir entendre audit mariage pour sa propre personne », et non plus pour celle de son frère. Ce que Monseigneur de Savoie concédait volontiers pour le bien de la paix. Car Louvet le savait : <c le royaume ne sera jamais bien paisible si le débat d'Orléans n'est apaisé » ^
Ce n'est pas Charles qui aurait détruit une aussi belle négociation que celle que le président Louvet menait de son Avignon.
A la fin du mois de novembre 1436, Hue de Saint-Mars annonçait, au nom de son maître, que le roi d'Angleterre « sera content que Monseigneur d'Orléans traite la paix des royaumes de France et d'Angleterre ; il condescendra à paix raisonnable par son moyen plus que par nul autre ; et, en icelle faisant et accomplissant, n'a nulle doute en
1. Turin, Arch. di Stato. Negoz. colla Francia, i6 novembre 1435.