Poésies, p
Pendant qu'il en est encore temps, chassons la guerre ! Ainsi le Bourguignon assurait Charles de sa bonne volonté :
Or, pensons de vous allegier De prison, pour tout engagier, Se n'avons paix et union ; Et du tout m'y vueil obligier En ceste présente saison.
En toute hâte Charles d'Orléans remercia Philippe le Bon :
Comme tout vostre entièrement De cueur, de corps et de puissance
Bientôt il se proposait de lui envoyer un message loyal, secret et sage : mais, de son côté, que le duc Philippe fasse le nécessaire « vers la part de France ». Charles d'Orléans désignait ainsi le roi Charles VII si lent, à son gré, à traiter la paix et sa délivrance :
Si me vueillez recommander A ma cousine, car croiez due en vous deux, tant que vivrez, J'ay mise toute ma fiance ; Et vostre party loyaument Tendray, sans faire changement, De cueur, de corps et de puissance...
Adieu vous dy présentement :
Tout Bourgongnon sui vrayement De cueur, de corps et de puissance !
Charles disait encore à Philippe combien, ce avec la gent vostre ennemie », il était forcé de dissimuler et de paraître le haïr^
Certes, elle était cruelle cette traversée, toute semblable à celle que Charles avait faite, 24 ans passés, au lendemain d'Azincourt.