Poésies, p
344 VIE DE CHARLES d'oPLÉANS
Charles se disait maintenant héraut d'amour et non pas poursuivant : ce qu'entendait parfaitement le roi René, si versé dans la pratique et les règles des tournois \ On conçoit aussi que ses sentiments différassent de ceux du duc d'Orléans. Jeune encore et ardent, le roi se disait prêt à servir sa Valentine :
Après une seule exceptée.
Ce qui était juste, adorant sa femme, madame Isabelle de Lorraine. Mais c'est pour suivre la coutume que Charles, déjà lassé d'amour, choisit sa « très doulce Valentinée », trop jeune pour lui, et qui était sans doute madame Isabelle.
Dans la première semaine de mars, Charles d'Orléans faisait connaître au roi Charles, par Valois, son héraut, que la solennelle ambassade des Anglais allait bientôt descendre à Calais.
Vers le 1 5 mars 1444 le duc d'Orléans se joignait au conseil ; le 31, des instructions royales étaient données à M. de Gaucourt, le vieux gouverneur de Blois, et aux autres ambassadeurs du roi et du duc d'Orléans. L'ambassade anglaise avait changé d'itinéraire; elle venait par Harfleur, Rouen, le Mans, tandis que Monseigneur de Bourgogne l'attendait vers Calais, et le chancelier du roi Charles, à Paris. Le duc d'Orléans faisait donc connaître qu'on ne pourrait prendre journée dans les états du roi qu'après la fête de Pâques^ (12 avril).
L'ambassade du comte de Suffolk gagnait Vendôme et Blois ; là, en compagnie de Charles d'Orléans et du Bâtard on s'embarqua 5. Le 16 avril, on descendit à trois milles de