I. Bodleienne d'Oxford, ms. Digbv, 196, fol
royaumes, l'assemblée que présidait le duc d'Orléans ne devait pas aboutir. Car si les Français consentaient à l'abandon de la Guyenne, du duercy, du Périgord, de Calais et de Guines, les ambassadeurs anglais demandaient la Guyenne et la Normandie, en pleine souveraineté et sans hommage. On mit donc en délibération la conclusion d'une trêve qui fut publiée le 28 mai sous le nom du duc d'Orléans \
On y rappelait les requêtes pacifiques du Saint-Père au roi de France, le désir qu'il avait de mettre un terme à l'effusion du sang humain : c'est pourquoi pendant deux ans, jusqu'au terme de Pâques 1446, Français et Anglais prenaient l'engagement de suspendre toute guerre, d'assurer la liberté du commerce entre les deux pays.
Charles d'Orléans n'oublia ni son frère d'Angoulême, ni ses propres intérêts. Un accord avait été signé avec le duc de Somerset au sujet de la délivrance de Jean ^ ; Charles avait fait approuver aussi par le duc de Bretagne le don que son père lui avait octroyé de 2.200 écus ^
Le lendemain partirent les ambassadeurs anglais.
La conduite de ces affaires n'avait pas été sans laisser des loisirs au duc d'Orléans : le spectacle des fêtes avait excité sa verve. Il se moquait des modes nouvelles que suivaient alors les jeunes gens, les « gorgias » comme il les nommait, portant manches déchiquetées et petits souliers à la poulaine-^. Il se plaignait d'avoir été si mal récompensé d'Amour. Le roi de Sicile lui conseillait d'espérer encore en lui :
Il n'est pas temps de vous retraire...
1. Journal de Jean Maupoint, p. 3 1 ; Monstrelet, t. VI, p. 97-107 (avec la date fautive du 20 mai. Cf. Rymer, t. XI, p. 62).