Arch. Nat., KK. 896, fol
4. Bibl. Nat., P. orig., 2827, Thiessart, 6. ). Bibl. Nat., P. orig., 985, Davy.
6. Journal de Maupoint, p. 42; De Beaucourt, op. cit., t. ÎV, p. 137.
3)^ VIE DE C!h ARLES d'oRLÉANS
rejoint à Gand, où le duc Philippe tenait l'assemblée solennelle de la Toison d'Or dans le vieux château des Comtes ^ De compagnie ils chevauchèrent à Saint-Jean où l'évêque les reçut, au chant des hymnes et des dévots cantiques; il les conduisit au chœur de l'église, décoré des timbres et des blasons des chevaliers de la Toison. A l'offrande, le roi d'armes porta son cierge et le duc d'Orléans fit grand honneur au duc de Bourgogne qui le lui rendit bien. Au dîner qui suivit Charles siégeait à la droite de Philippe. Trompettes sonnaient et ménétriers criaient « largesse ! » Puis on chanta la messe pour les chevaliers trépassés ; les survivants l'entendirent vêtus de longs manteaux noirs et le collier d'or au cou \
Le 15 décembre 1445 Charles d'Orléans assistait, dans la maison du juge, le bâton blanc à la main, au combat que l'indispensable Jaquet soutenait contre un chevalier aventureux de Sicile, nommé Boniface. Ils firent des armes d'abord à cheval, le lendemain à pied ; puis, ayant jeté leur lance, ils combattirent à coups de hache. Le chevalier Sicilien, débâtonné, cherchait à saisir la visière de Lalaing ; mais ce dernier, puissant et fort, le repoussait du bout de sa hache.
Voyant le Sicilien si oppressé et souflBant, Charles d'Orléans se tourna vers le duc de Bourgogne : « Beau frère, comment l'entendez-vous ? Vous voyez ce gentil chevalier en quel état il est. S'il est ainsi que vous ne voulez son déshonneur, il est heure que jetiez votre bâton ». Ce qu'il fit. Le duc d'Orléans n'aimait pas ces combats ; il aimait peu ce Lalaing qui avait courtisé sa femme. Et d'ailleurs sa pensée n'était pas là 5.
Car quelqu'un avait troublé la belle ordonnance de ces
1. Olivier de la Marche, t. II, p. 83 et suiv. ; Escouchy, t. I, p. 81. Cf. De Beaucourt, t. IV, p. 140.
2. Olivier de la Marche, t. II, p. 83 et suiv. ; le 16, suivant le ms. fr. 1167.
3. Escouchy, t. I, p. 81 ; Jacques de Lalaing, p. 83, 88, 89 ; Olivier de la Marche, t. II, p. 96, 103.
fêtes. Le jour où Philippe avait tenu la noble réunion de son ordre, parmi les chevaliers revêtus de leurs manteaux, dans cette salle qui semblait plutôt d'un empereur que celle d'un duc, au milieu de cette glorieuse pompe, Charles d'Orléans avait pu voir un huissier du Parlement de Paris, de pauvre mine, venu lire le mandement du roi Charles qu'il tenait à la main, et dressant son exploit en cette haute baronnie. On pense si cet éclat devait favoriser l'union de Charles et de Philippe, si chère au cœur du duc d'Orléans^ !
Le 31 janvier 1446 il était de retour à Blois ; un mois après on le retrouve à Tours, auprès du roi de France, assistant aux armes que Jean Chalons, un Anglais, soutint contre Louis de Bueil ^ ; puis dans le courant de l'année, à cette belle assemblée de Chinon, près du roi \
Ainsi Charles d'Orléans avait poursuivi et en partie réalisé l'œuvre de paix qu'il avait promise au gouvernement anglais, si conforme à ses intérêts et à ses sentiments. Ainsi il avait paru jouer un grand rôle dans le royaume, introduisant des ambassades, l'intermédiaire nécessaire entre le duc de Bourgogne et le roi de France, portant la parole au nom d'une tentative de restauration féodale. Autant d'œuvres éphémères qui ne lui laissèrent au cœur que lassitude et fatigue.
Du moins avait-il tenu la parole donnée au roi Henry VI :
Car quant il vint de prison d'Angleterre Il apporta la paix de ceste terre 4.
1. Chastellain, t. VI, p. 289 (Exposition sur vérité mal prise).
2. Mémoires de la Société archéologique de Tours, t. XI, p. 284 (d'après la copie de M. A. Salmon faite sur le ms. du British Muséum, Lansdowne, 283).