Ibid., 1. X, ch
çais, sauf celle de Bosco. Exemple qui encouragea les habi^ tants d'Alexandrie à se révolter contre Dresnay : ils appelèrent à leur aide l'indispensable Francesco Sforza, ne pouvant résister plus longtemps « à la gent très féroce de France ». Gaillardement Francesco les encourageait à la résistance, déclarant que les Français « sont plus que des hommes au premier choc et dans la suite plus faibles que des femmes ». Et Francesco écrivait à Regnault que le peuple de Pavie s'était donné à lui, qu'il vengerait les injures qui se faisaient au nom, mais à l'insu du roi très chrétien ; il rappelait les services qu'il avait rendus en Fouille à la maison d'Anjou.
Regnault, ému de la valeur de Francesco, troublé dans sa foi envers le roi de France, répondait que, bien que l'héritage de Filippo Maria appartînt au duc Charles d'Orléans, il ne ferait pas de mal à Pavie. Mais l'entente des deux capitaines fut de peu de durée. Devant Bosco, le i8 octobre, ils se livrèrent une bataille sanglante. Se battre jusqu'à la mort paraissait fort cruel aux troupes italiennes de ce temps-là. Regnault de Dresnay fut pris dans la retraite de ses troupes qui se replièrent sur la France
Ainsi Francesco Sforza trouva dans ses talents militaires et son audace d'autres droits que ceux de Charles d'Orléans. Il soumettait bientôt Padoue, Parme, Plaisance, Crémone, déchaînant partout ses redoutables condottieri, au mépris du roi Alphonse de Naples, de Louis de Piémont, des Vénitiens, de Charles d'Orléans \
Oue pouvait, devant ce fait brutal, le pauvre Charles d'Or- I léans dont l'armée arriva neuf jours après la bataille ^ ? Certes
1. Cronicon Astense, col. 279 ; Giovanni Simonetta, 1. X, ch. 1,2, 3, 5.