Arch. Nat., KK
gognc, afin qu'il nous donne aussitôt le secours qu'il nous a promis. Notre frère doit arriver bientôt dans la ville de Saint-Qiientin, à sept lieues d'ici, et pendant ce temps son chancelier, avec son conseil, viendra de Paris vers lui. Sa présence est essentielle à notre objet. Dès que nous aurons expédié notre affiiire avec notre dit frère, nous retournerons de suite en Lombardie. Ne vous étonnez pas si nous avons tant différé. A cause de diverses besognes en différents lieux nous n'avons pu nous mettre en chemin : on ne saurait être partout à la fois. Ce retard est une contrariété aussi grande pour nous que pour vous. Mais, par la grâce du Dieu tout-puissant, nous disposerons tout pour votre plus grande joie ! Dès que nous le pourrons nous reviendrons et, avant nous, nous enverrons nos gens d'armes. »
Puis le duc d'Orléans faisait savoir aux Astesans qu'il réclamait le secours en hommes qu'avait promis le duc de Bretagne ; qu'il avait envoyé le comte d'Angoulême vers le roi afin qu'il mît en route les gens d'armes assurés à sa cause. Le comte de Foix devait aussi la défendre et venir avec une bonne compagnie de soudoyers; de même le duc de Bourbon. « Ainsi de tous côtés, et de notre part, on a fait diligence. Pendant ce temps, comme nous l'espérons bien, vous prendrez grand soin de tout ce qui touche à la défense de notre pays » ^
Le 23 décembre, le duc d'Orléans arrivait à Amiens. Les sergents à masse, le maire allaient au-devant de lui. On lui présenta deux queues de vin de Beaune et Haquinet, trompette de Monseigneur de Humières, trompeta en son honneur^; il entendit aussi le tambourineur d'Adolf de Cléves et les ménétriers de Monseigneur de Bourgogne K
Charles se reposa huit jours. On avait marché par des chemins difficiles, en cette froide et inclémente saison ;
1. Lettre latine du 4 décembre 1448 aux archives de Milan (M. Faucon, op. cit., p. 36).