‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 406 sur 639 · I . Poésies, p. ICI · texte numérisé non relu

I . Poésies, p. ICI

changeant des saisons, aux jeux du soleil et de la pluie. Là seront ses variations les plus heureuses ' :

Yver, vous n'estes qu'un villain !

Esté est plaisant et gentil :

En tesmoing de May et d'Avril, dui l'accompagnent soir et main, Esté revest champs, bois et fleurs.

De sa livrée de verdure.

Par l'ordonnance de Nature.

Mais vous, Yver, trop estes plain De neige, vent, pluye et grezil :

On vous deust bannir en exil !

Sans point flater, je parle plain.

Sur le printemps il composa un célèbre rondeau % pièce dont il récrivit plus tard la dernière strophe :

Le temps a laissié son manteau

De vent, de froidure et de pluye,

Et s'est vestu de brouderie

De soleil luyant, cler et beau.

Il n'y a beste, ne oyseau.

Qu'en son jargon ne chante ou crie :

Le temps a laissié son manteau...

Rivière, fontaine et ruisseau,

Portent, en livrée jolie.

Gouttes d'argent d'orfaverie :

Chascun s'abille de nouveau...

Il le chantera encore dans la précieuse pièce ^ :

En regardant ces belles fleurs.

Que le temps nouveau d'amours prie,

Chascune d'elle s'ajolie

Et farde de plaisans couleurs.

Tant embasmées sont de odeurs

Qu'il n'est cueur qui ne rajeunie

En regardant ces belles -fleurs.

Page 1