I. Poésies, p. 231. — 2. P. 423. — 3. P
La vie a blois
Les oyseaulx deviennent danseurs Dessus mainte branche fleurie, Et font joyeuse chanterie De contres, de chants et teneurs.
Ce joli printemps, Charles l'aimera jusqu'à ses derniers jours ' :
Qui est cellui qui s'en tendroit
De bouter hors merencoHe
Quant toute chose reverdie
Par les champs, devant ses yeux, voit ?
Ung malade s'en gueriroit,
Et ung mort reviendroit en vie.
Sur leté^ le poète écrira précieusement :
Les fourriers d'Esté sont venus Pour appareiller son logis.
Et ont fait tendre ses tappis, De fleurs et de verdure tissus.
En estendant tapis velus De vert herbe par le païs.
Certes, Charles d'Orléans aima les saisons pour leurs comj modités aussi, comme un homme de son temps, témoin la I forte pièce qu'il écrivit en son vieil âge ' :
En y ver du feu, du feu.
Et esté boire, boire.
C'est de quoy on fait mémoire
Quant on vient en aucun lieu.
Ce n'est ne bourde ne jeu,
Qui mon conseil vouldra croire :
En yver, etc
Chaulx morceaux, faiz de bon queu, Fault en froit temps, voire, voire ; En chault, froide pomme ou poire :
C'est l'ordonnance de Dieu ! En yver, etc.