I. Poésies, p. 362. 2. P. 422. — 3. P
Toutefois Charles d'Orléans paraît avoir peu goûté la chasse. Il appréciait seulement la franche vie que l'on menait à Savonnières, chez Saveuses, où il aimait aller « s'esbatre » ^ Et c'est un fait que désirant « de tout cueur » le « bien et augmentacion » de la place et maison de son chambellan Jean de Saveuses, il lui concéda l'usage des forêts de Russy et de Boulogne pour 50 porcs et truies, en toute saison ^ :
Puisque par deçà demourons Nous, Saulongnois et Beausserons, En la maison de Savonnières, Souhaidez nous des bonnes chieres Des Bourbonnois et Bourguignons.
Aux champs, par bayes et buissons, Perdrix et lyevres nous prendrons Et yrons pescher par rivières, Puisque par deçà demourons.
Vivres, tabliers, cartes aurons.
Ou souvent nous estudirons Vins, mangers de plusieurs, manières ; Calerons sans faire prières, Et de dormir ne nous faindrons, Puisque par deçà demourons
Mais Charles d'Orléans chassait surtout pour se désennuyer 4 :
En gibessant toute l'apres disnée Par my lez champs, pour me desanuyer, N'a pas longtemps que faisoye, l'autrier, Voler mon cueur après mainte pensée :
L'aquilote, Souvenance nommée, Sourdoit déduit et savoit remerchier...
Gibessiere, de Passe-temps ouvrée.
Emplie toute d'assez plaisant gibier, Et puis je peu mon cueur au derrenier Sur un faisant d'Espérance celée.
1. Bibl. Nat., P. orig., 2160, no 666. — Loir-et-Cher, commune Ouchamps.