‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 41 sur 639 · ISABELLE DE FRANCE · texte numérisé non relu

ISABELLE DE FRANCE

Christine de Pisan a longuement établi qu'aux jours qui suivent ceux de son enfance .le jouvenceau, comme la jeune plante, est gonflé de la sève de vie ; possédé d'appétits désordonnés il ne reconnaît plus désormais la lime de raison. En ce temps-là régnent folles amours, plaisirs vicieux, batailles, sottes dépenses \ Les parents doivent alors procurer à leurs enfants une compagnie sage et honnête pour veiller à la discipline de leurs mœurs ; car c'est grand péril pour un seigneur de présumer qu'il lui est licite de faire des folies. Et maintes écritures prouvent qu'anciennement les enfants des rois et des princes étaient gouvernés par de sages maîtres en philosophie jusqu'à ce qu'ils fussent propres à soutenir le faix des armes. Ainsi le déduisait cette prudente dame des exemples du livre des Rois et des histoires des Grecs ^

Nous ignorons quel fut le sage chevalier qui succéda à Nicole Garbet, maître és-arts ; mais nous avons lieu de croire que Charles d'Orléans, aux jours qui suivirent ceux de son enfance, n'eut ni le loisir de taire des folies, ni même le temps de vieillir.

1, Christine de Pisan, p. 215-217.

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