‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 411 sur 639 · Poésies, p. 270. — 5. P. 399. - 6. P · texte numérisé non relu

Poésies, p. 270. — 5. P. 399. - 6. P

Puis vient le jour de l'an qui amène les étrennes. Mais les vœux qu'il est d'usage de former ce jour-là, Charles s'est gardé parfois de nous les faire connaître'. Pour une dame il composa ce bouquet mélancolique^ :

J'estraine de bien loing ni'amie

De cueur, de corps et quanque j'ay.

En bon an lui souhaideray

Joye, santé et bonne vie,

Mais que ne m'estraine d'oubly,

Ne plus ne moins que le feray...

Mon cueur de chapel de soussie,

Ce jour de l'an, estreneray ;

Et a elle presenteray

Des fleurs de ne m'oubliez mie...

A Blois le jour de l'an était une grande fête^ Malade et si près de la mort, Charles entendait les ménétriers de Blois qui lui donnaient aubade^. Elle n'était pas moins gaie, la fête de l'Epiphanie, que l'on nommait plus communément la fête des Rois ou la Typhaine. Les pages surtout n'auraient pas manqué de la chômer, car Monseigneur accordait une robe de royauté à ceux qui avaient tiré la fève du Seigneurs

Enfin le commencement de l'année était aussi le temps où I joueurs de farces et de mystères donnaient habituellement leurs spectacles. A Blois, c'étaient les compagnons barbiers qui assuraient ces réjouissances dans le château ; Jean Chardon, trésorier, réglait leurs dépensé

Le 14^ jour de février ramenait la Saint Valentin. On ignore tout de ce saint prêtre de Rome qui souffrit, dit-on,

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