‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 412 sur 639 · Bibl. Nat., P. orig., 2160, no · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., P. orig., 2160, no

I 5. Arch. Nat., KK. 271, fol. 24 ; Bibl. Nat., P. orig., 2160, no 669. 6. Bibl. Nat., P. orig., 2653, Saveuses, 19, 21.

le martyre au milieu du iii^ siècle \ Mais ce jour-là chacun devait choisir une dame qui demeurait pendant une année comme la dame de ses pensées.

C'était une coutume assez ancienne; durant sa captivité, suivant également une habitude anglaise, Charles ne manqua guère de célébrer mentalement les tristes anniversaires de la Saint-Valentin. Il y a même lieu de penser que cet usage était surtout répandu en Angleterre. On y célèbre encore la Saint-Valentin ; les témoignages qui se rapportent à cette fête y sont plus abondants et, semble-t-il, plus anciens que chez nous.

Ainsi, dans son Parlement des Oiseaux \ Chaucer avait évoqué ce temps où chacun d'eux vient choisir sa compagne ; il avait décrit dans son poème, si rempli de chants et de fleurs, ce bruit assourdissant qu'ils menaient sur la terre et les arbres, leur multitude si grande que le poète ne pouvait trouver une place où se tenir. Dans sa Légende des Dames \ il avait surpris ce chant d'amour qu'au retour de la saison pleine de bénédictions, les oiseaux modulaient sur les branches chargées de fleurs : « Béni soit saint Valentin ! » Et Lydgate, dans sa FJetir de Courtoisie avait dit comment,

1 . Voici son antienne : Iste sanctns pro lege Dei sut certavit iisqiie ad mortein et a lerhis impioriim non timuit : fundatus enim erat supra finnam petram. Oraison- Prœsta quœsnmiis, onmipotens Deus, ut qui heati Valentini martyris tua iiatalia colimus a cunctis niaîis imminentihus ejus intercessione liheremus, per Christmn Dominum nostruin, amen. — Au xiie siècle, Jean, moine de Saint-Evroult, avait écrit une légende, en vers latins, de saint Valentin martyr (Cf. Hist. litt. de h France, XI, 19) ; le récit contenu dans le recueil de Jacques de Voragine est d'unej grande brièveté (Cf. Douhet, Dictionnaire des Légendes, col. 1201). Il semble bien! que la coutume de choisir des « Valentines » soit une survivance de la fête romaine des Lupercales, mise sous le nom du saint (voir Brand, Popular antiquitiesA vol. I, s. V., Calendars ; W. Skeat, Complète zuorks of Chaucer, t. III, p. 516).

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