‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 450 sur 639 · De Beaucourt, t. V, p · texte numérisé non relu

De Beaucourt, t. V, p

3. Bibl. Nat., ms. fr. 5041, f. 52; De Beaucourt, t. V, p. 407-408.

prise en Allemagne; le saint voyage affaiblirait d'ailleurs le royaume en noblesse et en ressources, au préjudice de la chose publique dont le roi est souverain et père. Néanmoins Charles VII ne refusait pas l'autorisation de laisser lever la dîme et des gens de guerre

Au mois de juillet 1455, le duc Philippe l'envoyait remercier par une très grosse ambassade que conduisaient le seigneur d'Anthume, son chancelier, et le seigneur de Croy : elle comprenait une suite de 300 à 400 chevaux. Cette délégation devait se rendre vers le roi Charles, alors en Berry, et lui demander, durant le temps que le duc Philippe serait en Turquie, de prendre ses pays en garde ; elle devait aussi solliciter le prêt de la bannière de France, un secours d'hommes et d'argent, enfin, son consentement à l'entreprise. Les ambassadeurs bourguignons rejoignirent à Bourges le roi qui les fit très honorablement loger par ses fourriers. Là ils trouvèrent encore le duc Charles d'Orléans. C'est lui qui introduisit auprès du roi l'ambassade bourguignonne, à Bois-Sire-Amé. A genoux, les délégués bourguignons firent la révérence au roi Charles qui parut les recevoir à grand'joie. Mais, aussitôt après, il se retira dans une petite chambre avec le duc d'Orléans et les chefs de l'ambassade bourguignonne : là se trouvait déjà réuni son conseil.

Le roi Charles n'aimait pas ce grand projet d'une croisade. Comme l'a dit ^neas Sylvius, le secrétaire de l'Empereur, la Chrétienté n'avait plus de tête « Les titres de Pape et d'Empereur ne sont plus que de vains mots, de brillantes images : chaque état a son prince, et chaque prince ses intérêts particuliers... Le roi de France appréhende à chaque instant

I. Réponse qui fut portée au duc, à Bruges, à la fin d'avril 1455 (Histoire êe Bourgogne, t. IV, preuves, p. ccxvi ; De Beaucourt, t. V, p. 408-410).

LE SEJOUR D^HONNEtJR 463

de nouvelles descentes des Anglais, et ceux-ci ne songent qu'à venger leur expulsion » Charles VII déclara froidement, dit-on, que si l'intention du duc Philippe était de remettre entre ses mains les villes engagées sur la rivière de Somme (Montreuil, Abbeville, Amiens et Saint-Quentin) et d'en- I voyer à sa cour son fils, le comte de Charolais, il prendrait i volontiers en garde son duché, lui en réservant tous les profits ! pendant son absence. Mais en ce qui touchait la bannière de I France et un secours de gens ou d'argent, il n'était pas dis- I posé à les accorder, devant toujours se garder de ses anciens ! ennemis les Anglais Les ambassadeurs bourguignons I n'avaient pas mandat pour faire réponse à ce tiède discours. : Ils se disposèrent donc à retourner vers leur maître, mais ! non sans avoir séjourné à Bourges où le roi régla tous 1 leurs dépens. De là le duc d'Orléans, la duchesse, le comte !d'Angoulême et Marguerite de Rohan, sa femme, les emme- 1 nèrent en leurs pays où, en chaque place, on les fêta K

Ainsi Charles d'Orléans poursuivit son œuvre, si honorable et vaine, de médiateur.

Plus dangereuse, sinon plus heureuse, devait être la jdémarche qu'il fit, en 1456, auprès de Charles VII en faveur [du dauphin Louis. Jadis, le dauphin avait contribué à payer iSa rançon d'Angleterre 4, et toujours il s'était montré attentif jà flatter les goûts de son oncle î. Depuis 1440, des intrigues jauxquelles le dauphin n'est pas étranger ont provoqué |la série de ces soulèvements féodaux où Charles d'Orléans

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