Ibid., t. n
de Husson, demoiselle d'honneur de la duchesse, et l'inventaire en avait été dressé, le 4 février 1457, en présence de Monseigneur et de Madame'.
Parmi eux on remarquera des chaînes d'or, aux emblèmes et aux devises du duc et de la duchesse ; des colliers de leurs ordres^ : le Camail de Monseigneur avec le porc-épic, le cygne de la maison de Clèves ; des fermaillets en or (c'étaient de grosses et belles agrafes d'où viennent nos broches) en façon de van, de tresses d'ancolies, garnis de rubis, de saphirs et de diamants ' ; des rubis, des perles longues (c'est-à-dire baroques) en façon de poire 4; des croix d'or, comme celle, ornée de pointes de diamants, que Monseigneur fit mettre sur le pied d'un miroir d'or 5; des pommes d'or s'ouvrant en forme de reliquaire ; deux grandes améthystes enchâssées en deux chatons d'or^; le grand rubis, dit de la quenouille, qui fut un peu plus tard mis sur une tresse d'or que portait Monseigneur? ; des tableaux d'or dont l'un, plein de reliques et enchâssé de pierreries, était conservé dans un étui brodé aux armes de Monseigneur ; celui de Saint Louis ^ ; des verges d'or 9; des heures d'or garnies de rubis d'Alexandrie ; un petit coffre incrusté de menues perles ; des perles enfilées des pipes d'or à mettre aux signets des livres ; un petit coffret de cyprès plein de reliques où étaient celles de « saint Mondry » " ; des bourses semées de perles, l'une de cuir remplie de reliques que Madame conservait par devers elle ; un « Agnus Dei » enchâssé en or'^; un coffre de cristal garni
I. Extraits dans De Laborde, t. III, n° 6943 et suiv. (Arch. Nat., KK. 272). — 2. Arch. Nat., KK. 272, fol. 1-4. - 3. Ihid., fol. 4-5. — 4. Ihiâ., fol. 5-6. — 5. Ihid., fol. 6 v°. — 6. Ihid., fol. 7. — 7. Ihid., fol. 7 v^ — 8. Ihid., fol. 12.— 9. Ihid., fol. 13. — 10. Ihid., fol. 15 v°. — 11. Ihid., fol. 17 v°. — 12. Ihid., fol. 18,
13. Arch. Nat., KK. 272, fol. 19. — Un « Agnus Dei» fut donné au bâtard Fricon (Bibl. Nat., ms. fr. 26086, f° 7351).
d'argent, également plein de reliques et toute une collection de patenôtres riches et étranges \ Parmi les objets bizarres que le duc posséda, mentionnons encore cette coque dorée, en façon de coquille de saint Jacques, qui servait de petite bouteille ^ ; cette pomme de musc, enchâssée dans une monture d'argent doré, garnie de petites perles, et qu'on prenait dans ses mains pour se les parfumer ; ces cages d'argent où, pour embaumer les chambres, l'on mettait des sachets de parfums, reproduisant la forme d'oiseaux, et nommés pour cela oiseaux de Chypre 5 ; ce petit cœur d'ambre gris garni d'or; l'ongle d'un butor tout doré^ ; la grosse pierre étrange « convenable à faire enfanter les femmes » \ sans doute une pierre d'aigle ^ comme celle que le duc donnera plus tard à Charles de Nevers^.
C'étaient là encore quelques beaux restes des trésors apportés par Valentine, si considérablement augmentés par Louis d'Orléans, puis dispersés par Charles en sa mauvaise fortune.
Mais, parmi les bijoux que collectionna Charles d'Orléans, nous remarquerons surtout la réunion de ses chapelets (qu'on aurait pu dire précieuse comme sa collection de 1 livres dévots) ; celle, non moins curieuse, de spécifiques t contre les poisons.
Ainsi Charles d'Orléans possédait patenôtres de corail vermeil à sa devise {ma voulenté} ; d'ambre blanc (celles-là données à Madame de Chaumont et à Monseigneur d'Angou-