‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 461 sur 639 · Monstrelet, t. V, p · texte numérisé non relu

Monstrelet, t. V, p

colliers'; un morceau de la corne noire d'une licorne pendait à l'un d'eux ^. Il buvait dans une coupe de serpentine ' et n'aurait pas goûté d'un aliment avant qu'il fût touché par l'épreuve garnie d'une grande langue de serpent. Cette 1 épreuve, que l'on posait sur la table, était d'or, enrichie de treize pierres pendant à treize chaînettes; outre là langue de serpent, il y avait une grosse .pierre jaune 4. On faisait égaj lement l'essai devant le duc dans des tasses d'argent verrées \ j II n'est pas surprenant de rencontrer dans ses collections j ces boîtes garnies de jeux de tables (une manière de jaquet) } ou d'échecs, que l'on nommait « tabliers «.Certes le duc ne s'en î serait pas passé : on les emportait donc en voyage dans quatre bourses de cuir, duant au « tablier » de Monseigneur, on peut i croire que ses pièces étaient de matière précieuse, car il ferj mait à clef ^

Charles d'Orléans se montra en effet passionné pour le i jeu des échecs, très répandu alors, dont l'ingénieuse complication et la lenteur s'accordaient si bien avec la subtilité naturelle de son esprit et sa longue condition de prisonnier. Il avait médité ce traité de fins de partie du Lombard Nicolas de Nicolaï, qu'il annota (ms. lat., ioi8é); mais s'il approu- I vait les bonnes, les très bonnes solutions de cet insigne joueur, \ il ne craignait pas non plus de le commenter : ainsi il écrivit I de sa main, sur les marges de son manuscrit, la fin d'une j partie qui le satisfaisait mieux ^ De cette passion nous avons encore un autre témoignage. En 1457 Charles régla à Blois les frais de séjour de Juvenal Negro^ un Lombard professionnel

I. Arch. Nat., KK. 272, fol. 8. — 2. Ihid., foL 9.-3. Ibhi., fol. 62. — I 4. Ihid,, fol. 9 v».

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