Bibl. Nat., P. orig., 3038, le Voix
du jeu d'échecs, qui allait par le monde proposant des parties aux amateurs. En ce temps-là les Lombards étaient réputés les plus forts joueurs du monde et leur « assise », la plus redoutable. Quant à Negro, il « jouoit par cueur », c'est-à-dire de mémoire, n'ayant pas d'échiquier sous les yeux'. Monseigneur observa d'abord sa façon de jouer avec Gilles des Ormes, à qui il bailla 27 s. 6 d. « pour essayer comment ledit Negro jouoit ausdit eschez » ; puis il fît presque chaque jour sa partie avec le Lombard ^ Mais, en temps ordinaire, Charles prenait plaisir à faire régulièrement sa partie avec ses familiers et ses domestiques de Blois. Il jouait aussi dans la maison de Savonnières, dans cette campagne qu'il aimait pour la franche vie qu'on y menait; et il s'écriait joyeusement :
Vivres, tabliers, cartes aurons 3 !
Charles jouait encore, pour abréger le voyage, tandis qu'il descendait en bateau la Loire paresseuse, d'Orléans à Blois +.
Son partenaire, habituellement, était son maître d'hôtel, Gilles des Ormes, qui rimait comme lui avec talent. Charles fait avec Gilles une partie presque journalière ; en général 27 sous étaient engagés \ Mais il jouait encore contre Guillaume de Fontenay, contre Jean Aucourt et M^ Jean Caillau, son médecin. Contre lui, Charles gagna un Gallien (ms. lat. 6868), enjeu plus cher encore au bibliophile qu'au joueur.
Charles d'Orléans s'est parfois servi dans ses poésies des termes du jeu d'échecs^ ; mais comme il était également joueiu