Poésies, p
de marelle, de tables, de cartes et qu'il s'entendait aussi au glic, il allégorisa ces divers jeux, usant du vocabulaire du joueur. Il dira : « Gardez l'eschec à descouverte », qu'il est « mat », qu'il s'est « gardé des tours », qu'il a « faict une dame », et nommera les diverses pièces du jeu d'échecs, les pions, les « auphins », les « rocs » ; selon le vocabulaire du jeu de tables, qu'il a « gardé le point d'attente » ; le duc nommera les (( entregeteurs » qui sont proprement des tricheurs \ Il est curieux de noter que Charles acquit la philosophie du joueur. Après la reconquête de la Normandie, il dira à Charles VII :
Roy des François gaigné as l'asvaiitaige : Parfaiz ton jeu, comme vaillant et saige.
(( Perdre et gagner » % voilà le bilan de la vie ! De l'amour et du hasard Charles raisonna déjà, sachant bien que tout y demeure un hasard :
De riens ne sert a cueur en desplaisance Chanter, dancer, n'aucun esbatement :
Il lui souffit de povoir seulement Toujours penser, en sa maie meschance, Quant il congnoit qu'en hasart gist j?a chances.
Charles d'Orléans eut aussi sa collection d'instruments de musique. Au retour de captivité il retrouva son « vielz psalterion enclos en ung estuy de bois, painct en diverses places aux armes de Ms. le duc » 4. Charles, comme sa mère Valentine, jouait de la harpe > et l'on voit qu'en 1457 Robert
1. V. Champion, Charles d'Orlcaiis joiieur d'échecs, p. 14-15.