Cf. Ba\ ot, La légende de Troie
rin, qui désigne quelque ouvrage de Philippe de Mézières
La poésie était représentée par les Ballades d'Eustache Deschamps ; le Dit Royal de Froissart ; les Cent Ballades ; le Livre des Ouatres Dames d'Alain Chartier et par plusieurs autres livres de ballades ^
Le fond de la librairie de Charles d'Orléans se composait donc d'ouvrages pieux. Toutes les bibliothèques du temps offrent ce trait commun : ils avaient été naturellement l'objet de méditations et de commentaires abondants ^ On aurait tort cependant de déterminer, d'après leur nombre, leur importance dans le cercle des laïcs et des gens du monde. L'influence d'un livre se mesure au chiffre de ses lecteurs. Les livres d'aventures, les romans de chevalerie, les poésies étaient déjà beaucoup plus lus. Dans les anciens catalogues, ce sont eux qui manquent le plus souvent, toujours prêtés ou, comme nous dirions, en mains. Ils circulaient dans les assemblées de personnes curieuses et lettrées, et les dames se les faisaient lire. Nous remarquerons cependant le grand nombre d'ouvrages pieux que Charles a rapportés de sa prison d'Angleterre ; un religieux, son contemporain, autorisé à tirer des copies de ses livres, les estima « précieux et dévots Parmi les collections du duc, nous avons déjà rencontré celle de ses patenôtres. C'est un fait qu'il demeura pieux, et un chroniqueur a parlé
1. Sans doute le « Songe du povre pèlerin » (Jorga, Philippe de Méiières et la croisade au XI siècle, 1896, p. 467).
2. L'un fut offert en 1457, par Jacques de Savoie (Bibl. Nat., Pièces Orig., 2159, no 660) ; un autre, payé à un Lombard en 1462 (De Maulde, Histoire de Louis XII, p. 91) ; un troisième, offert par le marquis de Saluces (Le Roux de Lincy, p. 49).
3. M. G. d'Avenel (dans la Revue des Deux Mondes^ 15 nov. 1908) estime que 44 % des livres parus en 1645 traitaient de religion ; en 181 3, les livres de ce genre ne formaient plus que 10 % ; de nos jours, 3 %.