‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 485 sur 639 · Poésies, p · texte numérisé non relu

Poésies, p

lui-même « creu au jardin semé de fleurs de lys ' »), son écu d'azur, l'oriflamme, et il nomma avec honneur les vaillants champions : Charlemagne, Roland, Olivier et saint Louis \ Mais, malheureux à la guerre, plus que toute chose il aima la paix 5. De tels enseignements ne se trouvent point dans les livres. Il est par contre difficile de ne pas rattacher à la lecture de Boccace, plutôt qu'à celle des romans chevaleresques, les charmants vers :

Ou vieil temps grant renom couroit De Criseïde, Yseud, Elaine, Et maintes autres qu'on nommoit Parfaictes en beaulté haultaine 4.

Charles atteste plaisamment la vieille légende : Melusine n'en peut mentir ! 5

Il raille les lecteurs du Philostrate^, qu'il a pu lire dans le beau manuscrit transcrit pour sa femme en 1455 (ms. fr. 25528) :

Repaissez vous en parler gracieux Avec dames qui menguent poisson, Vous, qui jeusnez par grant devocion :

Ce vendredi ne povez faire mieulx...

Lire vous voy faiz merencolieux De Troylus, plains de compassion ; D'Amour martir fut en sa nascion :

Laissez l'en paix, il n'en est plus de tieulx !

Venons maintenant à ce qui fut la passion secrète de sa vie, à la poésie : car, de l'avis commun, on l'estimait grand poète, et, comme on disait alors, grand rhétoriqueur 7.

Charles aimait non seulement la poésie comme un art et son propre passe-temps, mais encore il l'appréciait chez les autres.

I. Poésies, p. 5. — 2. P. 181. — 3. P. 139, 149. — 4. P. 69. — 5. P. 285. — 6. P. 300.

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