‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 486 sur 639 · Olivier de la Marche, t. II, p · texte numérisé non relu

Olivier de la Marche, t. II, p

, LES LOSIRIS 503

11 l'éprouva bien ce lettré d'Asti, Antonio, qui désireux de se faire nommer professeur de rhétorique à Gênes, avait adressé un grand nombre de vers à beaucoup de personnes de cette ville, sans le moindre succès. Mais alors le duc d'Orléans est venu dans son pays, bien heureusement pour lui ; il a entendu parler du poète, l'a comblé de largesses, et a fini par l'attacher à sa personne'. Vers 1448 Antonio d'Asti adressait au duc une épître latine, l'assurant encore de son attachement et de sa reconnaissance. « On a coutume, disait-il, d'offrir aux princes des pierres précieuses, de l'or, des chevaux rapides. Moi, qui qui n'ai rien de tout cela, et ) qui vis du seul esprit que Dieu m'a donné, j'ai résolu, Charles, mon prince, de vous envoyer, tel un grand présent, des vers... Qu'est-il au monde de plus précieux que la Poésie ? Ce sont les vers qui assurent la perpétuelle renommée des héros... » ^

Olivier de la Marche nous a laissé de ses goûts un autre t témoignage précis. Voici ce qu'il écrit en 1457 : « Et de ce I temps je feiz ung tour en Bourgoingne, de la grâce du duc ' d'Orléans qui me fist et monstra moult grant privaulté ; et ce, à cause qu'il estoit moult grant réthoricien et se delectoit tant en ses faictz comme en faictz d'aultruy » Dans cette même ville Charles d'Orléans avait fait remettre précédemment 4 s. 6 d. à Baudet Harenc, son confrère en poésie « pour ce qu'il i 1 avoit fait des balades devant lui » Sur cette réputation, un 1 ! pauvre hère sortant de prison se mit en route vers Blois et s'offrit comme son domestique: François Villon.

On ne s'étonnera donc pas que Charles d'Orléans prît

M I. Ms, de Grenoble, 873, 1. III des Epîtres héroïques (Le Roux de Lincy, Paris et ses historiens, p. 517, note).

Page 1