De Laborde, III, n
plaisir à lire les livres de poésie, du soin avec lequel il les recherchait ; on savait aussi lui plaire en lui en faisant cadeau. Ainsi James de Savoie lui avait offert, en 1457, un livre de ballades ' ; un autre fut payé à un Lombard en 1462 ^ ; un troisième, offert par le marquis de Saluces \
Charles d'Orléans avait lu et relu le Roman de la Rose qui lui venait de Valentine. Là sans doute il prit le cadre du Songe, la description du jardin et du manoir du Dieu d'Amour, les personnifications de Danger, de Bel Accueil, dont il abusera dans la première partie de son œuvre, mais dont l'imagerie évoluera plus tard chez lui de l'abstraction vers la psychologie ; car ce fut tout son procédé de concrétiser l'abstrait comme de réaliser les allégories. Et, sans doute, il connut encore les Ballades d'Eustache Deschamps, qui rima si librement avec son père Louis, et dont Valentine possédait un exemplaire^; les diverses compositions poétiques de Christine de Pisan^, le Dit Royal et le Méliador de Froissart ^.
De la prison d'Angleterre, Charles d'Orléans avait rapporté un exemplaire des Cent Ballades ^ et le livre des Quatre Dames d'Alain Chartier ^ L'influence des Cent Ballades mérite d'être particulièrement signalée ^ Ce débat entre deux partis, où le vieux chevalier Hutin soutient les droits de