Perceval de Cagny, p. 27 ; Chastellain, t. II, p
LE PROCÈS DU DUC d'aLENÇON 537
vaise fortune, il était encore « le mieux payant » d'entre les royaux et le plus « nettement accompagné ». Les années qui suivirent, on put constater un grand changement dans sa conduite \
En 1440, Jean d'Alençon prend part à la révolte des I princes, reçoit la Toison d'or ^ : ce qui lui vaut d'être révoqué comme lieutenant général du royaume et cassé de sa pension K Aigri, Jean se plaint du roi Charles. Il déclare que, prisonnier à la bataille de Verneuil, il a dû, pour payer sa rançon, engager sa terre de Fougères au duc de Bretagne à un prix dérisoire ; que le roi ne faisait que se moquer de lui ; qu'il s'en vengerait A ses terres, il voulait joindre aussi celles du comte du Maine, un « mauvais homme » qui l'avait mis en la « mauvaise grâce » du roi, et avait fait diminuer sa pension K Jean entre en rapports avec les Anglais, prononce des paroles insensées : en 1442, passant par Semblançay, il déclare : « Voici belle place pour les Anglais à tenir frontière » ^. Son valet de chambre, qui lui avait vendu sa fille, est un Anglais ; et le duc fait alors le « ribaud » A Tours, en 1444, il entre en relations avec les ambassadeurs de Henry VI et leur promet Granville^ Le duc d'Alençon divague comme un persécuté; il se plaint obstinément de n'être pas traité comme « sailli de la couronne » ^
1 . « Au plus parfont s'embrouilla avec le duc Charles de Bourbon pour le dauphin encontre le roy, dont l'appaisement fut fait a bien dur. » (Chastellain, t. II, p. 164.)