LE PROCÈS DU DUC DALENÇON
le 3 mai 1456, au procès de réhabilitation de la Pucelle : il la déclara s'entendre comme un vieil homme de guerre à disposer les canons'. Le 31 mai, tandis que Jean dînait à l'hôtel de l'Etoile, devant «l'Ours», à la porte Baudet % Dunois lui mit la main à l'épaule :
« Monseigneur, pardonnez-moi, le roi m'a envoyé devers vous et baillié charge de vous faire son prisonnier ; ne scay proprement les causes pourquoi » \ Les gens d'Orléans entrèrent alors en sa chambre. On transporta Jean d'Alençon à Melun ; puis en Bourbonnais, à Nonette, où se tenait alors le roi 4. Là, comme Charles VII lui demandait pourquoi il avait fait alliance avec ses anciens ennemis, à qui il devait livrer Falaise et Domfront, le duc d'Alençon répondit : « Monseigneur, je ne suis pas traître ; mais bien peut être que j'ai fait aucunes alliances avec aucuns grands seigneurs afin de recouvrer ma ville de Fougères que le duc de Bre- 1 tagne tient encore à tort... »
Sur quoi le roi Charles répliqua sévèrement qu'il n'avait I jamais refusé de faire justice à quiconque ; qu'il connaissait les j alliances, signées de sa main, faites avec les Anglais ; qu'il lui ferait faire son procès tout au long >. Ainsi le duc d'Alençon fut transporté dans une place sûre, et gardé l'espace de deux ans. Et, dans le royaume de France, chacun en parlait suivant son désir ou sa sympathie ^