‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 535 sur 639 · I. Mathieu d'Escouchy, p · texte numérisé non relu

I. Mathieu d'Escouchy, p

d'une de ces fenêtres qu'on loua fort cher en cette circonstance, il alla voir passer le cortège, avec la duchesse et les jeunes enfants d'Alençon Ce fut une riche cavalcade parmi les rues étroites, tendues de draps d'or, pleines des cris de Noël, des sonneries de trompettes, du carillon des cloches, avec haltes aux fontaines, moralités et délivrance d'oiseaux ^ Charles d'Orléans put voir ainsi, sans fatigue, le jeune roi monté sur un coursier blanc, tout vêtu d'une robe de soie blanche et coiffé d'un petit chaperon noir ; le dais de satin bleu fleurdelisé que l'on portait sur sa tête; Monseigneur le duc de Bourgogne, habillé de velours noir, tout étincelant d'orfèvrerie, et suivi des seigneurs de son hôtel, de Charolais et d'Etampes, du duc de Clèves, son parent, à qui la duchesse d'Orléans avait donné, en raison de cette pompe, un diamant, un écusson et une verge d'or ^ ; parmi les seigneurs du parti du roi, Charles put apercevoir son frère, le comte de Dunois, vêtu de damas blanc à larges boutons : sur la fente de la robe étaient enchâssés plusieurs gros rubis très riches 4.

Sa dévotion faite à Notre-Dame, le roi Louis s'en fut au Palais où un beau souper était préparé dans la grand'salle. C'est là que Charles d'Orléans vint le rejoindre. Il prit place à sa droite, à la table de marbre, au-dessus de laquelle on avait tendu un riche ciel d'étofié. Après le roi on servit, tête nue, le duc d'Orléans et le duc de Bourgogne, assis à la gauche du roi. Le comte de la Marche trancha devant le roi et, à la fin du souper, comme il convient, furent apportés les entremets armoriés : au roi, un cerf volant ; au duc d'Orléans,

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